‹ Le pessimisme au XIXe siècle: Leopardi--Schopenhauer--HartmannChapitre 38 sur 161 · La Ginestra · texte numérisé non relu

La Ginestra

3. Nous adoptons le texte de cette pensée célèbre, tel que M. Havet Ta établi, avec une différence de ponctuation qui modifie le texte ordinaire et donne à la pensée

selon Leopardi : savoir sans rien pouvoir. La/( plante et Tanimal ne savent rien de leur misère ; nous mesurons la nôtre. Et cette souf: france ne tend pas à décroître dans le monde, au contraire ; les âmes les plus éclairées, les plus délicates, acquièrent seulement plus d'ap • titude à souffrir ; les peuples les plus civilisés sont les plus malheureux. C'est là aussi, on v le sait, le thème perpétuel du pessimisme! I allemand. La conscience du malheur rend le malheur plus profond et plus incurable : la misère des hommes et celle des nations se développent en proportion de leur cerveau, à mesure que leur système nerveux se perfectionne, s'affine et leur procure des instruments plus délicats, des organes plus subtils pour sentir leur mal, pour en accroître l'intensité, pour l'éterniser par la prévision et par le souvenir. Tout ce que l'homme ajoute à sa sensibilité et à son intelligence, il l'ajoute à sa souffrance.

un tour plus énergique et saisissant, tout-à-fait danslo ^énie d^ PascaL

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