VEcclésiaste^ II
Tattirent, et comme l'antithèse éternelle qui résume toutes les luttes du cœur de Thomme, sentant sa misère dans l'ivresse de ses joies et cherchant au-dessus de lui même ce qui doit combler le vide de son ennui.
Des sentiments analogues se rencontrent dans l'antiquité grecque et romaine. On a noté souvent des traits de profonde mélancolie soit chez Hésiode et Simonide d'Amorgos, soit dans les chœurs de Sophocle et d'Euripide. C'est de la Grèce qu'est partie cette plainte touchante : « Le mieux pour l'homme est de ne pas naître, et, quand il est né, de mourir jeune. » M. de Hartmann n'a pas manqué de relever un passage de V Apologie^ où Platon lui fournit une image expressive pour faire ressortir la proposition fondamentale du pessimisme, que le non-être est préférable en moyenne à l'être: « Si la moii est la privation de tout sentiment, un sommeil sans aucun songe, quel merveilleux avantage n'est-ce pas que de mourir ! Car, que quelqu'un choisisse une nuit ainsi passée dans un sommeil profond, que n'aurait troublé aucun songe, et qu'il compare celte nuit avec