CHAPITRE m
il faut citer particulièrement Frauenstiidt, Tajibeft et Julius Bahnsen. Dévoué à la mémoire de Schopenhauer, dont il a publié la correspondance et les conversations,
F rauensta dt essaie cependant d'a doucir , ques traits trop durs de la théorie, niant même que ce terme de pessimisme convienne, dans la rigueur du mot, à un sys-\ tème qui admet la possibilité de détruire 1-4 la Volonté et de soustraire ainsi l'être aux 1 tourments qu'elle lui impose. — Cette tendance à admettre le fait de la misère du monde comme inséparable de l'être, et cependant à chercher dans les limites du pessimisme des sources de consolation inattendue, se montre plus distinctement encore chez Taubert. Dans son livre le Pessimisme et ses adversaires^ il reconnaît bien avec Schopenhauer que le pro^jrès amène une conscience de plus en plus profonde î de la souffrance attachée à l'être et de l'illu-
sion du bonheur, mais il exprime l'espoir ; que l'on pourra triompher en partie de cette misère par les efforts combinés du genre
dO LE PESSIMISME AU XIX« SIÈCLE.
humain, qui, en soumettant de plus en plus les désirs égoïstes, donneront à l'homme les bienfaits d'une paix absolue et réduiront ainsi dans une grande mesure le malheur du vouloirvivre. « La mélancolie même du pessimisme, dit Taubert, se transforme, si on l'examine de plus près, en une des plus grandes consolations qui puissent nous être offertes : nonseulement en effet elle transporte notre imagination bien au delà des souffrances réelles auxquelles chacun de nous est destiné^ et par là nous nous trouvons déçus à notre avantage, mais d'une certaine manière elle augmente les plaisirs qui nous sont accordés par la vie et double notre jouissance. » Comment cela?
La raison que Ton nous donne ne manque pas d'originalité : « Le pessimisme nous montre bien que toute joie est illusoire, mais il ne touche pas au plaisir lui-même, il le laisse subsister malgré sa vanité démontrée, seulement il l'enferme dans un cadre noir qui fait mieux ressortir le tableau. » Enfin Taubert insiste sur la haute valeur des plaisirs intellectuels.^ que le pessimisme, selon lui, peut et doit/ I