‹ Le pessimisme au XIXe siècle: Leopardi--Schopenhauer--HartmannChapitre 63 sur 161 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

la doctrine morale qui s'y trouve annexée. On

pourrait ôter toute la morale du pessimisme de ces deux ouvrages, le Monde comme volonté et représentation ou la Philosophie de flnconscienly sans diminuer d'un atome leur valeur >spéculative. Ce sont des conceptions a priori^ plus ou moins bien liées, sur le principe du . monde, sur V Un-Tout et sur Tordre des évolu-j tions selon lequel il se manifeste ; mais il est fort difficile de voir pourquoi la conséquence ^ de ces évolutions est nécessairement le mal abs olu de Texistence^ p ourquoile vouloir-vivre est à la fois l'attrait irrésistible du premier principe et la plus insigne déraison. C'est ce qui n'a jamais été expliqué : c'est Péternel pos-X tulat du pessimisme.

Un seul exemple sur ce sujet pour n'y plus revenir. Sur quoi reposent les conclusions pessimistes de la Philosophie de VInconscient ? Dans quelle mesure dépendent-elles des spéculations métaphysiques qui remplissent la plus grande partie de l'ouvrage? Quel lien même peut-on concevoir entre cette philosophie

du néant et cette profonde théorie de la fina-

lité universelle, qui fait le sérieux intérêt et ^yple durable attrait du grand ouvrage de Hartmann ? En d'autres termes quel est le principe métaphysique du mal d'après cette philosophie nouvelle ? Ce n'est que par une suite pénible et par une singulière complication d'efforts que M. de Hartman arrive à cette conception de la naissance de l'univers sous le coup d'une falalité tragique et de son évolution lente vers la connaissance du mal auquel il a été condamné en naissant. On peut se rendre compte, dans cette question limitée et spéciale, de la bizarre fertilité de ces imaginations qui prétendent s'imposer à nous au nom d'une fantaisie trop complaisante pour elle-même, ingénieuse à jouer avec les choses, les idées et les mots, inventant des principes et des êtres à sa convenance et créant pour son usage une sorte de mythologie.

M. de Hartmann a bien senti que la théorie du Monisme était logiquement incompatible avec l'existence du mal absolu. Le mal en soi est une contradiction dans la doctrine de l'unité, et pour qu'une contradic-

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