‹ Le pessimisme au XIXe siècle: Leopardi--Schopenhauer--HartmannChapitre 74 sur 161 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

on peut indifféremment choisir pour l'un ou l'autre des termes comparés le nom de positif ou celui de négatif. » Peut-être serait-il plus exact encore de dire que l'un et l'autre sont des états positifs de la nature sensible, qu'ils ont en eux quelque chose de réel et d'absolu, qu'ils sont des actes (ivepyeiac, comme disait Aristote), qu'ils sont à titre égal des réalités, expressions également légitimes de l'activité qui nous constitue.

Y a-t-il plus de vérité dans cette autre proposition, dont Schopenhauer fait la contreépreuve de son axiome fondamental, à savoir que plus l'être est élevé, plus il souffre, ce qui résulte de ce principe que toute vie est par essence douleur ? Là où il y a plus de vie accumulée dans un système nerveux perfectionné, plus de vie sentie par une conscience, la douleur doit croître en proportion. La logique du système l'exige et Schopenhauer prétend que les faits sont d'accord avec la logique. Dans la plante, la Volonté n'arrive pas à se sentir elle-même, ce qui fait que la plante . ne souffre pas. L'histoire naturelle de la dou

ld% LE PESSIMISME AU XIX" SIÈCLE.

leur commence arec la Tie qui se sent ; les infusoires et les rayonnes soaffirent ^jà ; les insectes souffrent plus encore, et la sensibilité douloureuse ne fait plus que croître |asqn a r homme; chez Thomme même cette sensibilité est très - variable , elle atteint son plus haut degré dans les races les pins civilisées et, dans ces races, chez l'homme de génie.

(>)mme c'est lui qui concentre dans son système nerveux le plus de sensation et de pensée, il a acquis pour ainsi dire plus d'organes pour la douleur. D'où l'on voit quelle chimère c'est que le progrès, puisque sous un nom mystériiuix ce n'est que l'accumulation dans le cerveau agrandi de l'humanité d'une plus gnindo somme de vie, de pensée et de souffrance.

Nous reconnaissons volontiers que certains faits d'observation psychologique et physiologi(]ue semblent donner raison à cette thèse du peHwimiftmo. Il n'est pas douteux que l'homme souffre plus que l'animal, l'animal à système nerveux plus que celui qui en est privé. Il n*esl pas douteux que la pensée en s'ajoutant

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