‹ Le pessimisme au XIXe siècle: Leopardi--Schopenhauer--HartmannChapitre 81 sur 161 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

froid ?* » C'est pour vaincre ces hésitations qui seraient mortelles au « vouloir-vivre, »

que la nature a jeté sur les phénomènes de cet ordre toute la richesse et la variété des illusions dont elle dispose. Le grand intérêt du principe des choses, de cette Volonté rusée, c'est Tespèce, vraie gardienne de la vie. L'individu n'est chargé que de transmettre la vie d'une génération à l'autre ; mais il faut que cette fonction s'accomplisse, dût-il en coûter à l'individu son repos, son bonheur, l'existence même. A tout prix, le principe inconscient veut vivre, et ce n'est que par ce misérable moyen qu'il arrive à ses fins : il prend l'individu, il le brise à son gré, après l'avoir choisi dans des conditions spéciales. De là est né l'amour, une passion spécifique^ qui, pour se faire accepter, se déguise en passion individuelle et persuade à l'homme qu'il sera heureux pour son compte, quand au fond il n'est que l'esclave de l'espèce, quand il s'agite et souffre pour elle, quand il meurt x)our elle.

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