‹ Le pessimisme au XIXe siècle: Leopardi--Schopenhauer--HartmannChapitre 91 sur 161 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les argumeus de Hartmann contre la vie humaine. Le bilan des biens et des maux.

M. de Hartmann s'emploie avec une singulière habileté à résoudre spécialement ce problème posé par Schopenhauer : « Etant donné le total des biens et des maux qui existent dans le monde, établir la balance. » De là une analyse étendue des conditions et des états de la vie, sous le rapport du plaisir et de la douleur; c'est Tobjet d'un chapitre considérable

intitulé la déraison du vouloir-vivre et le mal'

heur de V existence * . Nous devons en donner une idée.

Il y a, nous le savons déjà, trois formes possibles de Tillusion humaine sur le bonheur: ou rhomme le conçoit comme un bien qui peut être atteint dans Tétat présent du monde, réalisable sur cette terre, sous certaines conditions, pour l'individu actuel ; ou comme un bien réalisable pour l'individu dans une vie transcendante après la mort ; ou enfin comme un bien réalisable par le progrès dans l'avenir de l'humanité, comme le but du processus du monde. C'est à la première forme d'illusion que s'attache particulièrement M. de Hartmann, essayant de prendre le contre-pied de l'imagination humaine et de lui démontrer qu'elle est la dupe et la victime d'une prodigieuse mystification dans l'estime qu'elle fait des biens de la vie actuelle. Il ne peut lui échapper que c'est cette sorte d'illusion qui est la plus tenace, la plus indéracinable; c'est

1. Le XIII' chapitre de la troisième partie de la Phtlo^ êophie de inconscient»

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