CHAPITRE V
ître, la liberté d'action. Hartmann démoqtre jue par eux-mêmes ces états ne procurent lucun plaisir positif, excepté dans le moment m ils succèdent aux états douloureux qui ieur sont opposés. Tant que rien ne vient 3n troubler le cours, ils ne produisent que ['état de pure indifférence. Or, dans cet état il n'y a place pour aucune sensation ; mais tout ce qui s'abaisse au-dessous de ce niveau 3st amèrement ressenti sous forme de maladie, ie vieillesse, de servitude et de besoin. Cela Bst bien évident pour la santé. On ne sent un membre que s'il est malade ; il faut avoir mal aux nerfs pour s'apercevoir qu'on a des nerfs, mal aux yeux pour songer à cet organe. De même pour la jeunesse : c'est le seul âge de la vie où se rencontrent la santé parfaite, le libre fonctionnement du corps et de l'esprit. Dès qu'elle disparaît, arrivent la fatigue, les incommodités de tout genre, et la capacité de jouir décroît sensiblement. La jeunesse n'est donc^ comme le reste de ces biens négatifs, qu'une aptitude, une condition propice, la capacité de jouir, avec simple possibilité de
posséder et de jouir, non encore la possession et la jouissance. Le bien-être n'est senti que par son absence ; la certitude d'être à Tabri du besoin et des privations, est la condition sine qua non de la vie encore dépouillée et nue, qui attend les sensations propres à Fenrichir. Une vie saturée ue bien-être est un tourment, si rien ne vient en combler le vide : ce tourment se traduit par l'ennui qui peut devenir insupportable au sein du bien-être le mieux assuré. Le travail est une grande ressource; mais en soi c'est une peine, et l'on ne s'y décide que comme au moindre de deux maux, soit pour échapper à fies maux positifs, le besoin, l'ambition, l'ennui, soit en vue de biens positifs supérieurs qu'il peut procurer, par exemple, la satisfaction de rendre la vie plus douce à soi-même et à ceux qu'on aime, ou de produire des œuvres méritoires.
Tous ces prétendus biens, comme la liberté d'agir, la paix de l'âme, ne valent que par l'affranchissement de la douleur qu'ils nous procurent ; or, qu'est-ce que cela, sinon l'état de pure indifférence? Mais nous n'y arrivons