ACTE PREMIER
Je cours dans l’herbe après un papillon.
Tout un chacun me semble bon pour rire ,
Je ris avec, qu’il soit fillo ou garçon.
Il faut me voir, quand la moisson commence ,
Avec Siebel, me rouler dans le foin :
Ma vertu va jusqu’à l’inconséquence,
Peut-être , un jour, ira-t-elle plus loin.
Fleur
De candeur,
Je suis la petite Marguerite ;
Mon cœur ne sait rien ,
Ni le mal ni le bien,
Et les Salumands m’abbellent Gretchien !
{Les autres accompagnent instinctivement la reprise de cette tyrolienne .)
FAUST
Allons, ma fille.., n’ayez pas peur.
MARGUERITE
Oh! je n’ai pas peur... mais je voudrais pas aller en pension... Je voudrais rester chez nous...
VALENTIN
Eh bien , mademoiselle, qu’est-ce que ça?
Je voudrais pas aller en pension, parce que j’ voudrais pas te quitter... mon bon frère !
VALENTIN
Vous voyez, c’est jeune, c’est bon... c’est naïf... c’est bien articulé.
FAUST
Ah 1 oui, mais elle a plus de seize ans et demi.
VALENTIN
Dis à monsieur quel âge que t’as.
LE PION
Dites à monsieur quel âge vous avez.
MARGUERITE
J’ai peur...
LE PETIT FAÜ8T
VALENTIN , dOUX.
Dis— lui, ma petite boulotte. (Brusque.) Veux-tu lui dire de suite ?...
MARGUERITE, pleurant.
J’ai... j’ai.,, je ne sais pas, moi, na„.
Là, qu’est-ce que je vous disais? Nous ne mentons pas dans notre famille.., C’est entendu,., vous la prenez... je vous la donne. (Le prenant à part.) Mais si jamais elle faiblissait à l’honneur... prenez garde... parce que... je suis soldat. Partons , camarades.
MARGUERITE
Tu ne veux pas que je suive le régiment.?...
VALENTIN
Allons, dis donc pas de bêtises. En route, nous autres. ( Valentin et les Soldats sortent. Faust les accompagne .)
REPRISE
Vaillants guerriers, sur la terre étrangère.
Etc.