LE PREMIER FION
Le docteur Faust.
FAUST, entrant.
Que vois-je I mon premier pion dansant avec mes élèves 1
LE PION
C'est malgré moi, elles m'ont forcé.
FAUST
Grand dadais! A genoux, mesdemoiselles! à genoux, messieurs! et pas d'anaLomie aujourd'hui.
Et pour me braver quel moment Choisis-tu , jeunesse ennemie ?
Celui môme où je viens, gaîment, To faire un cours d'anatomie !
(Parlé-) Je leur apprends un peu de tout.
J'avais rêvé d'ouvrir vos yeux
A ce spectacle curieux
Votre ingratitude me navre.
Que l'on remporte lecadavrel...
Jeunes filles, jeunes garçons.
Quel beau rêve vous alliez faire !
Les nerfs, les muscles, les tendons Pour vous n'auraient plus de mystère !..• Et vous sauriez comment les os Sont reliés aux pectoraux. Votre ingratitude me navre.
Que l'on remporte le cadavre ! .... c
Je vous dis, je leur apprends un peu de tout ! Ah ! ça aurait été une fameuse partie de plaisir, allez!,.. Au lieu
de cela vous préférez chanter des chansons à faire dresser des cheveux sur les tôtes les plus chauves, des abominations dictées par Satan. Ignares vous êtes... ignares vous resterez... (le Pion sorf a^ec le mannequin. Les Garçons se placent d'un côté^ les Filles de Vautre. Ici Siehd murmure des paroles inintelligibles,)
FAUST, à Siebel, Qu'est-ce que vous dites, vous?
SIEBEL
Moi? j'ai rien dit.
FAUST
Vous avez murmuré. Ayez donc le courage de votre opinion, monsieur Siebel. Êtes-vous un homme?
SIEBEL
Oui, je suis un homme,
FAUST
Eh bien , prouvez-le.
SIEBEL
Eh bien, j'ai dit : En voilà un cauchemar !
FAUST
Très-bien I... Vous me ferez six cents fois le verbe je réponds : en voilà un cauchemar, à mon bon professeur le vénérable docteur Faust, quand il me dit : Ignares vous êtes, ignares vous resterez.
CLORINDE
En voilà un verbe irrégulier.
FAUST
Heint
ALTMAYER, ^
C'est bien fait.
SIEBEL
Tu verras en sortant.