SCÈNE II
FAUST entre. MARGUERITE reprend ses airs pencités et file au rouet avec une certaine rapidité.
La voilà!... Dieu qu'elle est jolie!... Ce n'est pas une femme... c'est une gravure... Marguerite! ...
MARGUERITE
Faust !
FAUST
Ah! quand je pense qu'aujourd'hui... nous serons unis..,
et que le soleil ne se couchera pas... sans que... Sais-Lu pourquoi je ne voudrais pas être le soleil?
MARGUERITE
Non.
FAUST
Elle ne sait pas pourquoi je ne voudrais pas être le soleil ! Eh bien ! c'est parce qu'il n'a pas de compagne, lui...
MARGUERITE
Anatole!... [Se reprenant.) Henri! {A part.) Qu'est-ce que je dis donc, moi?
FAUST
Pourquoi m'appelles-tu Anatole? Ah ! c'était une farce.
MARGUERITE
Oh! oui, Ernest.
FAUST
Bon! voilà qu'elle m'appelle Ernest.
C'est encore une farce!
FAUST
Ôhl trésor de candeur! que je t'aime!... Ah! tout a l'heure, tu sauras le sacrifice que je viens de faire... pour être digne de toi...
MARGUERITE
Un sacrifice? un cadeau?... Qu'est-ce que c'est?
FAUST
Tu verras ! tu verras ! . . .
MARGUERITE
Quel est ce bruit? (On entend un chant au dehors.)
faust, à la fenêtre.
Ah ! c'est le chœur des jeunes vierges qui vient, selon l'usage, mettre sous globe ton bouquetde fleurs d'oranger;
MARGUERITE
Et celui des jeu nés garçons qui viennent t'apporter la soupe au vin. Pourvu qu'ils ne luidisentpas de bêtises... Parce que y en a des fois qui sont bavards. Adolphe surtout.
\<:ii: TROISIÈME i>i