MANUEL PRATIQUE D'HORTICULTURE
La création d'un jardin exige des connaissances spéciales très étendues et qui sont tout à fait du domaine de l'horticulture pratique. 11 ne s'agit pas seulement, pour cela, de faire exécuter un plan plus ou moins agréable à l'œil ; ce qu'il faut surtout, c'est savoir mettre à protit les avantages que présente le terrain et tirer parti de ses défectuosités.
Nous recommandons de confier ces sortes de travaux à des jardiniers habiles qui les exécuteront en mettant à profit toutes les données de l'expérience acquise.
Lorsqu'il s'agit de grandes propriétés, on a l'habitude de séparer le jardin en trois parties distinctes: 1° jardin d'agrément, qui environne la maison d'habitation ; 2° jardin potager; 3° jardin fruitier.
Pour ce qui est de la partie ornementale, elle ne peut avoir véritablement ce nom qu'à la condition d'être séparée des deux autres. La séparation des plantes potagères et des arbres fruitiers a aussi sa raison d'être.
Pour prospérer, les légumes ont besoin de recevoir le plus de lumière possible; sans quoi, ils s'étiolent et ne donnent que des produits de qualité inférieure; si l'on cultive des arbres
dans le potager, l'ombre qu'ils projetteront sera préjudiciable aux plantes environnantes. D'autre part, le jardin potager exige des labours profonds et souvent répétés; aussi, malgré toutes les précautions que l'on pourrait prendre, aurait-on beaucoup de peine à ne pas endommager les racines des arbres qui s'y trouveraient plantés.
Dans les petites propriétés, on se contente d'un jardin mixte, le potager-fruitier, que l'on divise en carrés destinés à la culture des légumes, bordés par de larges plates-bandes que l'on consacre aux arbres fruitiers auxquels on évite de donner des formes atteignant de trop grandes dimensions.
Si l'on ne dispose que d'un espace limité, on pourra se servir de cet arrangement en ménageant des plates-bandes et des corbeilles pour les fleurs, suivant ses goûts et aussi suivant l'importance que l'on veut donner à chaque chose.
Dans les jardinets, on peut donc réunir les fleurs, les légumes et les arbres fruitiers, à la condition de placer les uns et les autres dans des conditions telles qu'ils ne puissent se nuire mutuellement dans leur développement.
Enfin, pour être à l'abri des déprédations, un jardin doit être clos à l'aide de treillages, de haies vives ou de murs. Ce dernier mode de clôture est plus coûteux que les précédents, mais il présente sur eux de tels avantages qu'on devra toujours le préférer. Lorsque nous parlerons des arbres fruitiers, nous verrons comment on peut utiliser les murs pour y établir des espaliers qui, dans ces conditions, donnent des fruits aussi parfaits que possible.
Ce n'est pas une économie d'acheter à bon marché des plantes malades, mal développées, fatiguées par un long séjour hors du sol ou dont on n'est pas sûr de la détermination. Nous engageons les amateurs à s'adresser à des horticulteurs consciencieux, et à ne pas hésiter à faire une dépense suffisante pour avoir des produits de premier choix.