‹ Le petit manuel canadien [microforme]Chapitre 11 sur 97 · PRODUITS AGRICOLES · texte numérisé non relu

PRODUITS AGRICOLES

On est généralement porté à croire que la rigueur du climat canadien est peu propice à la culture des céréales et des plantes fourragères. 11 n’en esé rien, cependant, et peu de pays sont aussi favotisés sous ce rapport,

Un fait remarquable et qui semble au premier abord inexplicable, c'est que sous les latitudes septentrionales la végétation est plus vigoureuse et le

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sol plus nroductif que dans les zônes tempérées. La terre inactive pendant l’hiver dégage, à l’approche du printemps, une exubérance de sucs des plus favorables au développement des végétaux.

La province de Manitoba et une grande partie des territoires du Nord-Ouest, qui sont appelés à devenir, à une époque prochaine, le grenier de l'Amérique, peuvent être cités comme une preuve irréfutable à l'appui de cette particularité ; car toutes les céréales et les plantes fourragères des climats tempérés y donnent des résultats exceptionnellement avantageux. Dans ces terrains d’alluvion inépuisables, le blé produit aisément trenta à quarante boisseaux pour un, les navets atteignent des proportions colossales et la betterave à sucre y peut rivaliser sans désavantage avec les plus beaux spécimens récoltés dans les provinces de Québec et d’Ontario.

Au Manitoba, le rendement moyen par acre * pendant les cinq dernières années a été de 59 minots, ** pour l’avoine, de 39 minots, pour l'orge et de 328 minots pour les pommes de terre.

* L'acre égale 40 acres 47 centiares.

** Le minot équivaut à 36 litres, 34 centilitres.

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Si ou tient compte de ce que le Minnessota, qui passe pour l’état le plus fertile de la grande république américaine, ne produit en moyenne que 37 minots d'avoine et 27 minots d'orge par acre, il est permis de classer les territoires canadiens de l’ouest parmi les contrées les plus productives du monde.

Sans donner des rendements aussi considérables, la culeure offre, dans les autres provinces, des résultats suffisamment avantageux.

On serait tenté de croire que la neige qui couvre le sol, pendant les mois d'hiver, doit, en inter. disant l'accès des pâturages aux bestiaux, présenter un obstacle presque insurmontable à l’élevage du bétail. Au contraire, malgré la nécessité où . l'éleveur se trouve de nourrir ses animaux à l'étable durant cinq mois de l’année, il ne retire pas moins des revenus considérables de ce genre d'industrie. Les chevaux canadiens, doués d’une vigueur exceptionnelle, sont très recherchés sur les marchés américains, Les races bovine, ovine et porcine acquièrent aussi au Canada un développement tel, que souvent de grands éleveurs anglais viennent y chercher les produits améliorés d’animaux dont ils ont, quelques années avant, fourni la souche aux fermiers canadiens. Les pâturages de certaines régions peuvent avantageusement être comparés avec les plus plantureux pacages de la Suisse,

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L'exportation des chevaux, des bêtes à cornes et des moutons à produit, en 1883, un assez fort montant, comme l’indique le tableau ei-dessous :

Nombre Valeur Chevaux 13,019 # 61,65.291 êtes à cornes 66,396 5,898,024 Moutons 808,374 1,588,056

Un assez grand nombre de ces animaux ont été dirigés vers l'Angleterre, * *

Pendant cette même année, le Canada a exporté 8,106,447 livres + de beurre ayant produit $1,- 705,817 et 08,041,587 livres de fromage vendues pour $6,451,870.

L'aisance relative dont jouissent la plupart des cultivateurs canadiens leur donne la facilité de se procurer un confort domestique qui est loin de ressembler au genre de vie presque toujours restreint des populations rurales, en Europe. On peut même reprocher à la classe agricole une tendance au luxe assez prononcée pour entraver souvent sa marche vers une plus grande prospérité, à laquelle elle pourrait facilement atteindre avec un peu plus d'ordre et d'économie.

* $ désigne piastre (ou dellar) dont la valeur est de 5 franes et quelques centimes.

** En 1883, le Canada a exporté en Angleterre 37,894 bôtes à cornes

et 72,038 moutons, t La livre, au Canada, égale 453 gramme 59 ceptigrammes.

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