QUÉBEC
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et fondaient plas tard, en 1773, le collège qui ex-
iste encore aujourd’hui. ss Pendant assez longtemps, les progrès de l’instruc- Lis tion, ceux de l'instruction élémentaire surtout, furent lents dans le Bas-Canada. En raison des difficultés qu'éprouvaient les promoteurs de l’œuvre ï à . . À é doi a obtenir les subsides suffisants pour la soutenir, À lé cause surtout de la mauvaise organisation du système lui-même, le clergé catholique avait dû s’em- à A parer de l'initiative et marchait, la plupart du sait temps, avec ses propres ressources. 1 Cependant, lorsqu’en 1787 lord Dorchester char- a
gea un comité du conseil exécutif de faire une enquête dans le but de porter remède à l’insuffisance de l'instruction publique dans le pays, il y avait déjà de 24 à 30 personnes par paroisse qui savaient Lire et écrire, et la | lupart des villages quelque peu populeux, entre autres, ceux de l’Assomption, Boucherville, Laprairie, Terrebonne, avaient des instituteurs.
En 1801 le Parlement votait une loi intitulée “ Acte pour établir des écoles gratuites et pour le progrès de l'instruction,” autorisant le gouvernement à établir une corporation sous le nom de “ Institution Royale.”
L'Tnstitution Royale fit faire peu de progrès à l'instruction publique, tant qu’elle en eut le con-
trôle, c’est-à-dire, jusqu'à ce qu'elle fût dissoute par l’Acte d’Éducation de 1841.
Comme les parents catholiques étaient généralement pet disposés à envoyer leurs enfants à des écoles sous le contrêle d’une institution dont l’évêque anglican était président, et à laquelle l'évêque et le clergé catholiques n'avaient jamais voulu donner leur coopération, le parlement vota la loi dite ‘“ des écoles de Fabrique ” qui autorisait le curé et les marguilliers à affecter un quart des revenus de leur corporation paroissiale au soutien d'écoles placées sous leur direction exclusive.
Une loi intitulée “ Acte pour l’encouragement de l'éducation élémentaire,” votée par la Législature, en 1829, établissait, entre autres choses, les syndicats d'écoles, et créait un fonds pour la construction des écoles. Quoique très incomplète encore, cette loi paraît avoir été le premier essai sérieux de législation fait pour l’organisation d’un système scolaire régulier.
Cependant, en 1836, le nombre des écoles primaires en activité n’était encore que de 1,321, & celui des élèves des deux sexes qui les fréquentaient de 36,000 environ. Néanmoins, M. Garneau, dans son histoire du Canada, porte à 57,000 le nombre total des élèves des maisons d'éducation de tout genre, à cette époque, ajoutant aux élèves
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des écoles primaires ceux des écoles indépendantes, des collèges et des couvents.
Dans cet entre-temps, plusieurs collèges, deve- . nus, depuis, de grandes maisons d'éducation supérieure, furent érigés, grâce aux efforts et au zèle des membres du clergé et d’un certain nombre de laïques qui s'étaient dévoués au succès üe cette noble cause Parmi ceux-ci, et en première ligne, se trouvait M. Joseph F. Perrault, * protonotaire de Quéhce, ancien député à l’Assemblée Législative, qui consacra ses loisirs et une partie de sa fortune À cette œuvre éminemment patriotique. Ce philanthrope, qui mourut en 1844, à l’âge de-quatrevingt onze ans, est l’auteur d’un grand nombre d'ouvrages sur l’histoire du Canada, l'éducation et agriculture.
Pendant la session de 1835-36, on s’occupa quelque peu de régulariser le système d'éducation très défectueux qui existait alors. Le Parlement vota même, pour être appliquée à ces fins, une allocation de sept mille six cent vingt livres sterling (environ 190,000 fr.) Il décréta aussi l’établissement d'écoles normales à Montréal et à Québec, mais cette dernière loi n’eut pas d'effets immédiats.
Après l'union du Haut et du Bas-Canada, quel-
* La vie de M. J. F. Perrault a été publiée dernièremont par son petit-fils, M. le Dr P. Bender, de Québec.
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ques réformes faites dans l'administration de l’ins-
truction publique eurent l’effet de donner un nouvel essor à l'éducation dans la province française ; ainsi, tandis que le nombre des écoles primaires (tait, en 1847, de 1,613, ayant 63,281 élèves, un rapport fixe à 1,817 le nombre des écoles, et à 68,994 celui des élèves, en 1849. Les années suivantes, grèce aux lois que firent passer les gouvernements Lafontaine-Baldwin, en 1850, et Hinks-Morin, en 1852, l'augmentation qui se manifestait devint encore plus sensible, car en 1854, le nombre des institutions scolaires était déjà de 2,795, et celui des élèves de 119,737.
M. le docteur Meilleur, nommé en 1842 surintendant de l’Instruction publique, doit être considéré comme le créateur du système d'Education actuel. T1 eut longtemps à combattre le mauvais vouloir de la majorité de la population d'alors, don& son énergique persévérance finit par triompher.
L'honorable M. Chauveau, qui lui succéda, et fut de 1855 à 1873 à la tête du département de Y'Instruction publique, travailla ardemment à parachever l’œuvre de son prédécesseur.
C'est sous son administration qu’en 1857 trois écoles normales furent créées: deux catholiques et une protestante ; qu’un journal de l’Instruction publique, publié dans les langues française et an
glaise, fut fondé et qu'une bibliothèque qui contint quinze à seize mille volumes, avant qu’une grande partie. fut transférée au Parlement, fut installée dans les bureaux de l’Jastruction publique.
De son côté, l'honorable M. Ouimet, tant comme ministre de lInstruction publique que comme surintendunt, charge qu’il occupe depuis février 1876, a su, par une administration intellisente et vigoureuse affermir notre système scolaire auquel il à fait subir plusieurs réformes utiles.
Division de l’enseignement. — L'instruction publique comprend cinq grandes divisions dont quelques-unes se subdivisent en plusieurs sections, savoir :
1° Les écoles supérieures ou universités.
2° Les écoles secondaires.
3° Les écoles normales.
4° Les écoles spéciales.
5° Les écoles primaires.
Universités. — La province de Québec possède quatre maisons d'éducation supérieure ; deux francaises et catholiques : les universités “ Laval,” à Québec, et“ Victoria,” à Montréal ; et deux anglaises et protestantes : l’université “ McGill,” à Montréal, et le “ Bishop's College,” à Lennoxville.
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L'Université Laval, qui est sans contredit une des maisons d'éducation supérieure les plus importantes de l'Amérique, a reçu sa charte impériale en 1852.
Cette institution est attaché au Séminaire de Québec et, comme cette maison, complètement indépendante du gouvernement, de qui elle ne recoit aucune subvention. Elle est administrée par un visiteur qui, en vertu de la charte, doit toujours être l’Archevêque de Québec, un recteur qui ne peut être que le Supérieur du Séminaire et
un conseil composé de douze membres choisis
parmi les professeurs de l'établissement dont six sont ecclésiastiques et six laïques.
L'université comprend les facultés de théologie, de droit, de médecine et des arts ; cette dernière se subdivisant en deux sections : les sciences et les lettres. Les cours sont de quatre ans pour la théologie et la médecine, et de trois ans pour le droit ; il n’y a pas de cours réguliers pour la faculté des arts. Elle délivre pour chacune de ces facultés des dégrés de bachelier, de licencié ou
maître et de docteur.
Conformément à une décision de la Propagande, du ler février 1876, l'Université Laval à établi une succursale à Montréal soumise aux mêmes
règlements et jouissant de tous les priviléges de la maison-mère. Cette institution compte 78 professeurs, (42 à Québec et 36 à Montréal.)
Le tableau suivant donne le nombre des étudiants qui ont suivi les cours de cette institution
ainsi que la quantité et le rang des degrés qu’elle a déliviés en 1882-85 :
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; | MATIÈRES. ÉTUDIANTS. Décrés.
OS Mont- Total Bache- | Licen- | Doc- [Québec réal, ‘| licrs. ciés, | teurs, | | :
bis | ou d'eau ox Théologie... s4 183 | 967 | 1 | 2 3 Droit ...... | rit 74 144 06 7 1 Médecine...! 59! 45] 101| 7 | 8 17 Ans ....... | v3 | eme 3 | 17 | dd loscoos Total....| +06 | zu? 58 ste) 90 | 91
Les musées d'anatomie et d’ethnologie et les col. lections géclogiques, minéralogiques et botaniques de l’Université Laval sont fort remarquables.
La bibliothèque, qui possède probablement la collection la plus complète qui existe des ouvrages publiés sur le Canada et toute l’Amérique contient, près de 70,000 volumes collectionnés avec soin et intelligence.
* Plus 1 docteur en droit canon, 3 docteurs es- " liers es-sciences. es-lettres et 8 baghe
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L'Université Victoria, connue aussi sous le nom “ d’'Ecole de médecine et de chirurgie,” à Montréal, est affiliée à l’Université Victoria de Cobourg, (Ontario). Les cours s’y donnent en français. On y comptait 15 professeurs et 137 étudiants pendant l’année scolaire 1882-83. Elle a délivré 4 diplômes de maître en chirurgie, et 43 diplômes de docteur en médecine.
L'université McGill, ainsi appelée du nom as son fondateur, qui lui a légué des biens-fonds d’une valeur considérable, a été de fait fondée en 1811, quoique sa charte ne date que de 1827. Elle est protestante, mais sans distinction de secte, et est administrée par douze directeurs nommés par l’Exécutif. Le Gouverneur-Général en est visiteur exofficio.. Un high school, une école des sciences appliquées aux arts, une école normale et ses écoles modèles annexes dépendent de cette institution qui, depuis sa fondation, a rendu d’immenses services à la cause de l'instruction supérieure.
Les cours sont de quatre ans pour la médecine, les arts ct les sciences appliquées aux arts, et de trois ans pour l'étude du droit.
Elle est dirigée par 50 professeurs dont quelquesuns sont l'origine française.
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L'Université de Lennoxville ou Bishop's Col.
lege, située près de Sherbrooke, fut fondée en 1€ par l’évêque anglican de Québec, le très révérend Dr Mountain, mais sa charte ne lui a été octroyée qu’en 1852.
Dans cette institution qui est dirigée par 81 professeurs, on enseigné la théologie, les arts, le droit et la médecine. Le cours d'étude est de deux ans pour la première de ces matières et de trois aus pour chacune des trois autres,
Un “ High School” où le cours d'étude du :
cinq ans, dépend de cette université,
Le tableau qui suit donne le nombre des étudiants qui ont suivi les cours de ces deux universités et la quantité de diplômes qu’elles ont dé-
cernés pour l’année 1852-55
MAMÈIRRS ÉrupIANTS. DirLôurs
MeGili | OX | Total. | MeGinl. | nn | stat.
Théologie.|....... (f G | sens 1 1 Droit .… 40 10 50 14 4 13 Médecine.| 153 5 210 50 4 !
Arts...... 143 17 160 26 13 29 Sciences 7 OS PE 04 À 4
Col- Instruction secondaire, — La deuxième divije‘ sion comprend : 1° les collèges classiques ; 2° les Leuct collèges industriels ; 3° les académies.
oyée Collèges classiques, — Il y a 23 collèges clas-
siques dont 17 catholiques et 6 protestants.
r 21 Les premiers sont ceux de l’Assomption, Bour-
8, le get (Rigaud), Chicoutimi, Joliette, Lévis, Montréal, ue Nicolet, Québec, Sainte-Anne Lapocatière, Sainttrois Germain de Rimouski, Saint-Hyacinthe, Saint- Laurent, Sainte - Marie (Jésuites à Montréal), as Sainte-Marie de Monnoir, Sainte-Thérèse, Sherbrooke et Trois-Rivières ; étu- Et les seconds, qui sont tous affiliés à l’uniiver- versité McGill sont : Les collèges Presbytérien, dé- Wesleyan, Anglican, et Congrégationiste, (Montréal), Morrin (Québec) et Saint-Francis (Richee. moud). Dans toutes ces institutions à l'exception des collèges Morrin et Saint-Francis la théologie èst presque exclusivement enseignée.
re En 1883, les collèges classiques avaient collec- 1 tivement 4,285 élèves, 4,126 catholiques et 159 Le protestants. On y comptait 421 professeurs. ÿ Les cours classiques de la plupart de ces mai-
sons d'éducation peuvent être avantageusement comparés à ceux que l'on donne dans les meilleurs collèges européens,
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Collèges industriels.—Il y a 11 collèges industriels, savoir : les collèges industriels de Arthabaskaville, Dufresne (Montmagny), L’Islet, Longueuil, Saint-Césaire, Saint-Jérôme, Trois-Rivières, Varennes, Sainte-Marie (Beauce), Chambly et West Farnhem.
Dans ces collèges on ne fait pas de cours classiques ; on y prépare les jeunes gens plus particulièrement au commerce et à l’industrie.
Ces collèges étaient fréquentés par 2,382 élèves, 2,366 catholiques et 16 protestants, le tout divisé entre 541 pensionnaires 358 demi-pensionnaires et 1,483 externes. Ils étaient dirigés par 86 professeurs, dont 71 ecclésiastiques et 15 laïques.
Académies. — Les académies se divisent en académies mictes, * académies de garçons et académies de filles.
Elles sont au nombre de 246, savoir : 58 acaddmies de garçons fréquentées par 11,244 élèves ;
148 académies de filles comptant 22,991 élèves ; et 40 académies mixtes, (garçons et filles) avec 4,043 élèves.
* Les ucadémies mixtes sont composées de garçons et de filles.
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Les académies mixtes et les académies de garcons comptent collectivement 185 professeurs, savoir : 77 instituteurs ecclésiastiques et 53 laïques, et 55 institutrices laïques et religieuses. Les académies de filles sont dirigées par Lo 30 religieuses, et 26 institutrices laïques.
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Parmi ces institutions vient au premier rang l'académie commerciale du Plateau, à Montréal, à laquelle sont attachées une Ecole polytechnique, et uno école des Sciences eppliquées aux arts. Ce magnifique établissement est sous lhabile direction de M. U. E. Archambault, et de 12 profrsseurs. IL était fréquenté en 1882-83 par 331 élèves. Cette maison cet plusieurs autres bâties depuis ‘quelques années à Montréal, dénotent autant de bon goût que de zèle de la part de ceux qui dirigent l'instruction publique dans cette grande cité.
Ecoles primaires.—Les écoles primaires se di- ‘visent en deux sections : Les écoles primaires supérieures ou écoles modèles et les écoles élémentaires.
La première section comprend les écoles mo- dèles de garçons et de filles, et les écoles modèles ‘dissidentes et indépendantes ; et la seconde, les écoles élémentaires, sous contrôle des commissaires, les dissidentes et les indépendantes.
Les écoles modeles sont au nombre de 333 (293 catholiques et 40 protestantes) et sont dirigées par 1,164 instituteurs ou institutrices, savoir : 271 professeurs ou instituteurs, dont 114 sont ecclésiastiques et 157 sont laïques, et par 893 institutrices, dont 592 religieuses et 301 laïques.
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Les élèves, au nombre de 26,378 (23,844 catho-
liques et
2,534 protestants) qui fréquentent ces
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Sous contrôle des commissaires catholiques
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Celles de ces écoles qui sont sous le contrôle des commissaires ou des syndics reçoivent une: allocation sur le fonds de l'éducation supérieure.
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Nombre
d'écoles Garçons Total
+ | ÉCOLES ÉLÉMENTAIRES | | | nm
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| | Ecoles catholiques..... f des commissaires.
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Ecoles mixtes (catho- des comimnissaires..| 0 liques et protestantes). | |
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| Ecoles catholiques. ... 4 Indépendantes ....} 115) 5,335
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