BRIC-A-BRAC
C'en est fait, j'y renonce.
Je renonce aux joies innocentes du bric-à^-" brac; qu'on ne m'en parle plus!
Tout à l'heure, un marchand du quai Mala — quais n'a-t-il pas eu le front de me demander^' quinze cents francs d'un affreux petit crapau japonais, qui en vaut à peine deux cents !
Que dirait Sauvageot s'il revenait au monde, Sauvageot qui, obscur employé dans une admi nistration publique, sans autres ressources qu ses modiques appointements, était arrivé à former une galerie incomparable, un musée qui occupe aujourd'hui une place d'honneur au Louvre?
Ah ! Sauvageot était venu dans le bon moment^ comme on dit ! Et ce bon moment ne se retrouvera plus !
Il était venu à l'époque où l'on faisait encore des trouvailles dans les arrière-boutiques des chaudronniers de la rue de Lappe, à l'heure où les plats du temps de Henri H valaient lo fr., où l'éventail de la marquise de Pompadour gisait