‹ Le petit Paris: tableaux et figures de ce tempsChapitre 65 sur 104 · GENS EN PLACE · texte numérisé non relu

GENS EN PLACE

LE MINISTRE, cessatit de marcher, ^^ lien! qu'est-ce que vous en pensez?

LE SECRÉTAIRE

^^Xisieur le ministre n'a pas besoin de mes

LE MINISTRE

^ VOS éloges, non, mais de votre opinion.

LE SECRÉTAIRE

^*^1^ est d'un bien faible poids.

LE MINISTRE

^^us êtes trop modeste... Répondez, ou je ^^î'ai que vous éludez ma question.

LE SECRÉTAIRE

-^h bien ! monsieur le ministre,il me semble ^^ vous n'avez jamais été mieux inspiré.

LE MINISTRE

^ -^h! vous trouvez... J'ai ménagé les Gauches, ^^ ^st-ce pas ? sans cependant me séparer absolu- ^nt de la Droite. Je n'ai fait de concession à

^Vi

t:un parti... Je me suis tenu sur la défensive.

LE SECRETAIRE

^ur la défensive, absolument.

LE MINISTRE

Xa situation était difficile, convenez-en, mon- ^^^ur.

l88 LE PETIT PARIS.

LE SECRETAIRE

J'en conviens, monsieur le ministre.

LE MINISTRE, rccommençant à marcher.

Avez-vous entendu la réponse de mon adversaire?

LE SECRÉTAIRE

DeM. X...?

LE MINISTRE

Oui. Eh bien?

LE SECRÉTAIRE

Sa voix est bien faible... j'étais très -mal placé... il m'a paru qu'il n'avait obtenu aucun succès.

LE MINISTRE

Vous vous trompez, on l'a fort applaudi.

LE SECRÉTAIRE

Applaudissements de mauvais aloi. f

LE MINISTRE. f

Non... il a eu certains mouvements d'éli quence...

LE SECRÉTAIRE

Qui ne peuvent pas se comparer aux vôtf monsieur le ministre.

LE MINISTRE

Je ne sais pas... Il a trouvé des objectionj ont paru tenir la Chambre en échec.

GENS EN PLACE. l8<)

LE SECRÉTAIRE

Pendant quelques ^instants seulement... Mais en remontant à la tribune, vous l'avez foudroyé.

LE MINISTRE

L'ai-je bien foudroyé, en effet ?

LE SECRÉTAIRE

Soyez-en certain, monsieur le ministre. Vous avez eu de ces mots qui réduisent un homme en poudre.

LE MINISTRE

Ai-je été trop loin?... Je le crains.

LE SECRÉTAIRE

On ne va jamais trop loin avec ces gens-là.

LE MINISTRE, cessant de marcher.

Ces gens-là? 11 faut compter avec eux, cependant.

LE SECRÉTAIRE

Certainement.

LE MINISTRE

Vous le voyez bien, vous dites certainement.

Ces gens-là sont à redouter, vous en convenez vous-même. Mon adversaire vous a impressionné, il vous est impossible de vous en défendre. Qu'est-ce qu'il a donc de plus que moi? Des gestes, et après? {Il recommence à m.archer.) Mais la logique ? Je l'ai écrasé avec la logique.

'riim.

Personne n'osera dire le contraire. Est-ce vous, monsieur? est-ce vous?

LE SECRÉTAIRE

Non... non...

LE MINISTRE, marchant à grands pas.

Répondez ! répondez !

LE SECRÉTAIRE

Que voulez- vous que je vous réponde, monsieur le ministre? Je ne sais plus où j'en suis... Vous ne pouvez pas tenir en place.

11 paraît qu'à ce mot le ministre lança un regard terrible à son secrétaire et rentra comme une trombe dans ses appartements.

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