L'ELYSÉE
Il fut un temps où le palais de l'Elysée était un séjour de délices.
C'était le temps où nos grands-pères y entraient pour vingt-quatre sous et venaient y manger des échaudés.
A cette époque c'est-à-dire sous le Directoire, — rÉiysée, exploité par des industriels, s'appelait de ce nom coquet : le Hameau de Chantilly.
Les jardins n'étaient alors ni moins vastes ni moins ombreux qu'aujourd'hui; la spéculation y avait prodigué les kiosques, les chalets, les moulins, les grottes, les temples, les bosquets, — réduits galants où les Euphrosine et les Ulyrine d'alors se donnaient rendez-vous pour prendre des glaces.
Le rond-point était devenu une salle de danse.
Dans l'intérieur de Thôtel — qui avait tour à tour appartenu au comte d'Evreux, àla marquis de Pompadour, au financier Beaujon et à la du — chesse de Bourbon, — on avait installé des bil — lards et des tables de trente-et-quarante.
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Les fêtes se succédaient sans relâche au
ameau de Chantilly. C'étaient des concerts, des pantomimes, des scènes d*escamotage, des feux i*artifice sur Teau.
Tout Paris y accourait, attiré par les ifs lumineux et les transparents dont l'éclat remplissait a. rue du Faubourg-Saint-Honoré. Le Hameau i^ Chantilly rivalisait de vogue Sivecidalie et T'ixoli, — qui étaient les noms nouveaux du jarlîn Marbeuf et du jardin Boutin.
-Ah! le beau hameau que c'était, en vérité !
Il ne méritait pas de devenir un palais.