XV. Amusements et récréation
œuvres des peintres et sculpteurs contemporains acquises par TEtat sont exposées au musée du Luxembourg. — Aux Salons, qui sont ouverts, dans les salles du Grand-Palais, tous les ans, du mois de mai à la fin de juin, on expose les derniers travaux des artistes français vivants. Peu de joiu-s avant l'ouverture proprement dite, le monde élégant va au cvemissage», où les artistes sont censés vernir leurs tableaux. Le jour du vernissage est un événement mondain auquel tout Paris (c.-à-d. le grand monde parisien) se donne rendez-vous.
Ane h* io son* pittoré^) — moi aussi, je suis peintre! — bien que je ne sois ni un Corrège ni un Raphaël. J'ai fait quelques faibles essais de peinture, mais malheiu'eusement j'en suis resté aux essais. C'est notamment le mélange des couleurs qui me fait des difficultés. Mes brosses, pinceaux, couleurs, huiles, vernis, ainsi que ma palette, mon chevalet, mon appui-main et mes toiles sont de première qualité. Il me semble que je manque d'exercice ou — peut-être — de talent
Critique d'objets d'art: Voici un tableau magnifique! Quel coloris ravissant! Les chairs sont d'une suavité merveilleuse. Les caprices (ou oppositions) de lumière et d'ombre sont remarquables. Il y a, cependant, un certain manque de fermeté dans le linéament (les lignes); Tartiste a sacrifié le détail à l'impression d'ensemble. Je n'aime pas les couleurs criardes de ce peintre. — Comme elle est belle et noble, cette Vénus
ï) Exclamation poussée par le Corr^e (mort en 1534) devant un tableau de Raphaël Sanzio (mort en 1520).
» 2 /i XVI. Enseignement.
de Milo! Quel vague et divin sourire sur ses lèvres à demi ouvertes! Quel regard surhumain dans cet œil sans prunelle! C'est ime des plus belles statues qui existent. L'artiste (le sculpteur) a su animer le marbre. Ce groupe ne me plaît pas trop: les figures sont trop idéalisées; elles mentent à la vérité; les disproportions dans les longueurs et les épaisseurs des membres choquent la vue. Ce n'est pas un chef-d'œuvre.
Enseignement
Apprends, et tu sauras.
Depuis la guerre franco-allemande, on n'a reculé devant aucun sacrifice pour répandre l'instruction en France et surtout à Paris. Avant «l'année terrible», c.-à-d. avant 1870, rînstruction publique était assez négligée. x\ujourd'hui s'élèvent partout (ou. de toutes parts) des écoles magnifiques et admirablement aménagées.
Depuis 1808, tous les établissements d'instruction dirigés ou surveillés par l'État forment ce qu'on appelle l'Université de France. Non seulement les Facultés (réunies de nouveau sous le nom d'Université depuis 1896), mais encore les lycées, les collèges, les écoles primaires et les écoles libres (ou privées), enfin, la majorité des établissements scolaires, appartiennent à l'Université de France. Pour en faciliter la surveillance, la France est divisée en 16 circonscriptions appelées académies; l'ensemble des établissements d'enseignement de Paris constitue (ou formel