FRANCS DE RECOMPENSE
11 a été perdu il y a deux ans, près des Tuileries, un petit êpagneul anglais, robe noire, marqué d'une tache de /eu sur le front et sur les quatre pattes, oreilles pendantes. — Retrouvé avant-hier, dimanche, sur Us marches de V église Saint-Roch, cet êpagneul fest échappé de nouveau hier au soir.
Il répond au nom de Fox.
On prie la personne qui P aurait trouvé de le ramener rue Laffitte, no 37, chez Mme Marbœuf.
— Madame Marbœuf ! — se dit Gustave d'un air pensif, — c'est singulier I
— C'est toi que l'on réclame, mon pauvre chien ! Va, noua ne nous séparerons pas! — dit en même temps Camille en pressant Fox avec tendresse.
Les deux. cousins se quittèrent bientôt, préoccupés l'un et l'autre, et se promettant de se revoir à la fin de la journée*
Camille, à son arrivée à l'imprimerie, n'eut rien de plus pressé que de parler de l'affiche du chien perdu à M. Germain et de lui demander son avis.
^Mon avis, le voici, mon enfant..* — répondit l'intègre correcteur, — puisque ce chien ne t'appartient pas, tu dois le rendre.
— Jamais ! — dit Camille, — jamais je ne me séparerai de mon Fox.
— Songe donc que l'on peut t'accuser d'avoir volé ce chien.
— Yolé ! — se récria Camille tout rouge, — volé ! . ..
— Écoute, ce serait un vol que de retenir un chien qui ne t'appartient pas.
— Alors je n'ai plus à hésiter.
Camille prit Fox dans ses bras, et se disposa à le porter à son ancienne maîtresse. Avant de sortir, il se retourna vers ses camarades, qui le regardaient d'un air peiné.
— Pensez-vous, messieurs, — leur dit-il, — que je puisse proposer à cette dame de lui acheter son chien.
— Tu en as bien le droit, — répondit un des compositeurs.
— Comme aussi cette dame 'a celui de te refuser, — répliqua M. Germain.
Camille partit, le cœur navré. La pauvre bête, les yeux fixés sur son jeune maître, semblait le supplier de ne paa l'abandonner.