SCÈNE VIÎ
SIMPLET à demi caché, PAUL, ANGÉLINE et bientôt après GEORGES, i
PAUL
Ma bonne Angéline! nous avons donc enfin PespoiY d'être unis! Laisse-moi presserta jolie main sur mon cœur. simplet, à part.
Eh ! bien y n'se gène pas.
ANGÉLINE
Je t aval* bien dit que je ne serais jamais la femme de ce nigaud de Simplet.
SIMPLET
Merci.
( Ici Georges entre en scène et observe Simple sans être vu. ) PAUL.
Que je suis heureux ! [Illuibaise les mains.)
simplet , toujours caché.
Ab! c'est trop fort!
aegéline.
Ce cher cousin! combien nous lui devons de reconnaissance.
PAUL
Oh! oui, aussi après toi, je crois que c'est lui que j'aime le mieux dans l'inonde ! dis donc Angéline, personne ne nous voit. . .
Ah! mon dieu non, personne.
paul , devenant plus tendre.
Si tu me laissais prendre un tendre baiser, comme gage de ton amour et de notre bonheur futur? simplet, à part.
Ah! pour ça, j'espère qu'elle va r' fuser.
AîîGÉLINE.
Tu sais bien que je ne demande pas mieux. (Paul l'embrasse.)
simplets montrant, et malgré Georges qui s'élance et le retient.
Fi la laide ! fi ! fi ! c'est une horreuT, j'vous en ai jamais tant fait, moimamsclle !
GEORGES
Veux-tu bien te taire, maudit maladroit, et ne pas les déranger, ça allait si bien !
simplet.
Qu'appelle tu , toi, n'pas les déranger ? comment quand on embrasse ma femme ? quant à mon nez à ma barbe, sous mes jreux, on fait un tel affronta mon front, j'resterais les bras croisés ?.. . Ah! mais c'est qu' j'ai mes droits, voyezvous, et je tous ferai voir.. .
Georges, riant.
Tesdroits? oui je le conseille d'en parler, ils^ont jolis, maintenant!
PAUL ET ÀTSGELINE , riant.
Le pauvre garçon ! ah ! ah ! ah!
SIMPLET
C'est bon , c'est bon, nous verrons qu*est ce qui nia rdernier.
Georges, lai frappant sur l'épaule.
Oh! ce ne sera pas toi, j't'en réponds bien !
SIMPLET
Et par rapport à quoi, tambour?
GEORGES
Par rapport que la promesse faite par mon oncle ne l'en gage heureusement à rien, et qu'ainsi ton amour a reçu sou congé définitif.
SIMPLET
Oui da ? mais c'est qu'il faut prouver la raison , vois-tu.
GEORGES
La raison? ah! mon dieu elle est toute simple. C'est que pour obtenir cette jolie petite main là, il faut avoir donné des preuves de courage; or, comme jusqu'à ce moment tu n'a jamais donné que des preuves de lâcheté, ça fait mariage rompu; tu vois qu'tu es enfoncé, tu te r'tires de bonne grâce, tu cèdes la place au vainqueur, et voilà.
SIMPLET
Eh ben non, jen'la lui céderai pas; et si c'est comme ça et qu'il faille absolument des preuves de courage , eh ! ben... j'en donnerai. C'est qu'il n'faut pas croire que je m'iaisserai faire la loi, voyez-vous! on peut se montrer tout comme un autre. .. et on s'montrera, tambour.
GEORGES
Diable ! mais il m'semble qu'il fait le crâne.
N'y a pas d'erâne là dedans; ah! on veut m'vexer ? eh! benj'suis français aussi moi! et je sens que pour posséder mon Angéline. . . ah ! mais c'est qu'ai une fois j'veux m'y mettre!. . .
GEORGES
Bravo, morbleu ! à la bonne heure , au moins, voilà ce quis'appelle un homme ! tu vois cousine de quoi l'amour peut rendre capable.
simplet, s' échauffant.
Ah! ahl c'est qu'il n'faut pas avoir un air, j'ai du coeur
aussi, aile», sans qu'ça paraisse! voyons qu*est-ce qirit faut que j'fasse. à présent? j'suis en train; mille bombes mille carabines !.. mille mille. . . (d Georges) apprends-mo ça, toi? ï
GEORGES
Eh! eh, dis donc, Paul, sais-tu que la détermination que prend c'gaillard-Ià, pourrait donner un fier croc-enjambe à tes espérances?
simplet, bas à Georges.
Tant mieux, n'iui parle donc pas d'ça; voyons, voyons, dis-moi vite. . .
GEORGES, d Paul.
Faut-il ?. . [Paul lui fait un signe d* approbation.)Eh ! bien alors, enrôle-toi dans le régiment de Moustache; l'occasion est belle, je l'aperçois justement qui vient de ce côté. Paul a bien vu l'feu c'matin , et tu as entendu les éloges qu'on lui a donné, mais toi, lorsque tu seras tout-à-fait soldat , ce sera bien autre chose ma foi !
Oui, oui, j'comprends ; mais c'est que s'il fallait encore se battre. . .
PAUL
Ah ! ce n'est pas présumable, il y a une trêve.
SIMPLET
C'est juste.. . qu'estce que c'est qu'ça, une trêve?
GEORGES
Une trêve? ça veut dire une suspension d'armes.
simplet , réfléchissant.
Une suspension.
GEORGES
Eh! bien oui , suspendre. . .
SIMPLET
Suspendre. . .Ah! bon, bon ; c'est comme qui dirait accrocher , n'est-ce pas ? eh ! bien c'est ça , si on accroche les armes c'est signe qn'on n'se r'battrapas, et v'ia tout c'quî me faut.