SCENE XV
SIMPLET, MOUSTACHE, ROBERT, PAUL, GEORGES, LES SOLDATS, les villageois, ANGÉLIJNE, Mad. BON- TE MS ET LES VILLAGEOISES, DONT UNE PARTIE AUX FENÊ- TRES.
{ Ils l'ont tous ohservé et entrent avec précaution. ) GEORGES , à Paul.
Fort bien! ma foi le succès à passé mon attente. Voici le moment de frapper le grand coup.
( Il fait un signe aux femmes qui jettent aussi des cris en courant autour de Simplet. ) ANGÉLiNEET M ad. bontems , de même.
Grand dieu! tout est perdu. . . l'ennemi est entré dans le village, sauvons-nous.
( Georges fait encore un signe et les tambours battent la charge de manière à ce que le bruit, d'abord un peu éloigné , se rapproche peu à peu. )
simplet , sans bouger.
N'y a plus d'espoir ! j'vas perdre connaissance.
Georges, déguisant sa voix.
Halte, vous autres, voici des habitations qu'on y entre et qu'on les pille.
simplet.
Pauvres femmes, v'Ia un vilain moment à passer
mouitache, baragouinant L'allemand.
Tarteiff! qu'est-ce que je vois-là!
simplet.
Ah! la, la, c'est des anglais, je r'connais le langage!
moustache , continuant.
Un mort! enlevez-moi ça; c'est ici que j'établis mon quartier général, il faut que la place soit nette. georges, grossissant sa voix.
Allons, allons à l'ouvrage, des pelles , des pioches, qu'il soit enterré de suite et, puisque c'est un soldat, qu'on lu i rende les honneurs militaires.
simplet, à part.
Jçguis tout-à-fait mort!
(Deux-soldats le prennent, et le portent au milieu du théâtre sans qu'il ait changé de position. )
MOUSTACHE
Vos armes sont elles chargées ?
GEORGES
Oui, oui, et à balles encore.
MOUSTACHE
Qu'importe! il ne les sentira pas* allez,
GEORGES
Soldats, apprêtez armes. . . joue. . i
simplet, se relevant sur les genoux mais baissant les yeux et joignant les mains.
Arrêtez! arrêtez! messieurs les ennemis, j'vousen prie n' tirez pas.
tous, riant.
Ah! ah! ah! (Simplet lève la tête a les reconnaît et se frotte les yeux. )
simplet.
Que vois-je! suis-je bien éveillé ?. . . comment tout c'que j'ai entendu. . .
ROBERT
N'était qu'une plaisanterie.
simplet , se relevant.
Une plaisanterie! eh ! ben elle est jolie vot' plaisanterie! qu'est-ce ça veut dire, q'ça messieurs?
moustache. Ça veut dire qu'il nous fallait une preuve incontestable de la poltronnerie.
GEORGES
Qu'enfin nous l'avons, et que, d'après la clause stipulée dans l'acte signé par mon oncle, ça fait irrévocablement brosse pour toi, et que c'est mon ami , qui épouse ma do usiné.
SIMPLET
Eh! ben mon dieu qu'il Pépouse donc, puisque c'est pour en venir la, qu'vous m'avez tant tourmenté depuis c'matin ! la belle perte ! une femme qui n'm'aime pas ! encore.
MOUSTACHE
A la bonne heure , mille bombes ! voilà ce qui s'appelle prendre son parti !
SIMPLET
Oui, vous êtes bon là, vous; il le faut ben, j'peux pas dire autrement ; dans tout ça, c'est toujours moi qui suis l'dindon de la farce, et l'engagement qu'vous m'avez fait signer. . . .
MOUSTACHE
Tiens, tiens le voilà ton engagement.
simplet, vivement.
Comment , mon petit M. Moustache !. . .
GEORGES
Eh! oui, benêt; continuation de la charge, tu n'as pas cessé d'être libre.
Àh! j'respire,. . . ça m'ote un poids. . .
Georges, gaiement.
Eh, bien, madame Bontems, ai-jetenu parole? j'espère que j'ai loyalement gagné les deux baisers promis ?
Mad. BONTEMS.
Aussi j'consens à m'acquitter (Georges V embrasse.)
MOUSTACHE
J'en dirai z'autant, z'aimable veuve, et vous êtes trop juste pour vouloir me retenir ma paie ? Mad. BONTERS.
Allons, M. Moustache, puisque cela vous fait tant de plaisir. . .
MOUSTACHE
Beaucoup, fermière. ( il l'embrasse. ) Comme ça z'aumoins, ça fait qu'il n'y aura pas d'jaloux.
ROBERT
Allons,mes enfans, et vous mes bons amis,disposons tout pour la noce!
TOUS
Vive les nouveaux mariés.
SIMPLET
Vive celui qui reste garçon.