LA SOCIÉTÉ DE LA RKINK
Le chevalier Berlin, qui visita les jardins de Trianon cette année même, nous a laissé un souvenir de ce qu'ils étaient au moment où écrit Mercy*. Il est surtout frappé, comme tous les contemporains, par la beauté des arbres exotiques :
... Quel art a rassemblé tous ces hôtes divers, Nourrissons transplantés des bouts de Tunivers ?
La persicaire rembrunie,
En grappes suspendant ses fleurs,
Le tulipier de Virginie, Étalant dans les airs les plus riches couleurs. Le catappa' de l'Inde, orgueilleux de son ombre, L*érab]e précieux et le mélèze sombre
Qui nourrit les tendres douleurs?
De cent buissons fleuris chaque route bordée Conduit obliquement à des bosquets nouveaux ; L'écorce où pend la cire et Tarbre de Judée, Le cèdre même y croit au milieu des ormeaux ; Le cylise fragile y boit une onde pure, Et le chêne étranger, sur des lits de verdure. En parasol étend ses flexibles rameaux...
Mais, à travers ces bois religieux.
Quelle élégante colonnade En marbre blanchissant s'élève dans les cieux? C'est le temple d'Amour, c'est l'enceinte sacrée Que réserve & son fils la reine de ces lieux. Deux saules chevelus ' en défendent l'entrée
A tout mortel audacieux.
De l'enfant, sur Tautel, respire la statue : C*est lui-même ; on le voit foulant un bouclier Et le casque d'Alcide et sa lance rompue. Courber en arc poli sa noueuse massue, Et d'un souris malin déjà nous défier...
i. Almanachdes Muses; Paris, 1780, in-42. Les Jardins de Trianon, élégie, p. 219. — La bibliothèque de la ville de Paris possède un plan manuscrit, colorié, « du jardin de la Reine à Trianon, dessiné par Magloire-Thomas Daussy, » qui le représente tel qu'il était au moment où le chevalier Bertiii écrivait.