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LA SOCIBTB DE LA RBINE. 177
d'Artois*. « Vous êtes devenue, «dit, un jour, à Marie-Antoinette Tabbé de Vermond, « fort indulgente sur les mœurs et la réputation de vos amis et amies. Je pourrais prouver qu'à votre âge cette indulgence, surtout pour les femmes, fait un mauvais effet; mais enfin je passe que vous ne preniez garde ni aux mœurs, ni à la réputation d'une femme, que vous en fassiez votre société, votre amie, uniquement parce qu'elle est aimable; certes, ce n'est pas la morale d'un prêtre; mais que Tinconduite en tout genre, les mauvaises mœurs, les réputations tarées et perdues soient un titre pour être admis dans votre société, voilà ce qui vous fait un tort infini. Depuis quelque temps, vous n'avez pas même la prudence de conserver liaison avec quelques femmes qui aient réputation de raison et de bonne conduite*. >y
L'abbé de Vermond, entraîné par son zèle, me paraît ici exagérer. Il n'y avait, dans la société intime de madame de Polignac, aucun homme qui fut de « réputation perdue ou tarée' ; » et quant aux femmes, si elles eurent le tort d'afficher un amant, on ne peut leur reprocher une conduite licencieuse. Il y a loin de leurs faiblesses aux débordements qui ont valu à tant de grandes clames du xvui" siècle une si fâcheuse célébrité. Sous ce rapport, depuis l'avènement de Louis XVI, les mœurs s'étaient améliorées. Le comte de Ségur s'avance un peu en assurant qu'elles étaient devenues rigides*; mais il faut reconnaître avec Grimm qu'elles avaient du moins gagné en décence.
La reine, dit le comte de La Marck, était bien supérieure en moralité et en délicatesse de sentiments à tout son entourage. « C'est une aimable et honnête femme, » écrit Joseph II à son frère Léopold, « un peu jeune, peu réfléchie, mais qui a un fonds crhonnêteté et de vertu... vraiment respectable; » et ailleurs :