‹ Le Petit-Trianon (volume 2)Chapitre 14 sur 362 · LA NOUVELLE MÉNAGERIE · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE MÉNAGERIE

Ménagerie. — Premier jardin. — Volière. — Invités de Louis XV. — Salon frais. Salon de jeu et de conversation. ~ Dépense.

Le duc de Luynes, dans ses Mémoires sur la cour de Louis XV^, h la date du 24 novembre 1749, dit ex abrupto et sans autre indication préalable : « Pendant le voyage de Fontainebleau, on a fait beaucoup d'ouvrage à Trianon; la ménagerie nouvelle est presque finie. » Les registres de la comptabilité des dépenses relatives aux b&timents royaux, conservés aux archives nationales, d'accord avec le chroniqueur, mentionnent, de 1749 à 1753, des paiements faits à divers entrepreneurs pour des travaux exécutés « à la petite ménagerie du palais de Trianon*. » A partir de 1754, on ne trouve plus enregistrées que

«. Paris, «860-65, 17 v. in-S», X, 42.

2. Ce sont des registres de mandatement des dépenses. 0*2249. En 1749, terrasse : 24,956 liv. ; maçonnerie : 89,000 liv. ; serrurerie : 22,600 liv. ;

s LE JARDIN FRANÇAIS.

des dépenses d'entretien; il en résulte que la ménagerie et ses dépendances, dont le duc de Luynes nous signale l'existence à la fin de 1749, ont été terminées en 1733.

Louis XV avait toujours aimé Trianon. Enfant, il disait au maréchal de Villeroy : « Mon oncle me fait aller à Saint-Cloud, à Vincennes. D'où vient qu'il ne me mène pas à Versailles, à Trianon? J'aime tant Trianon ! * » En 1744, après la mort de la marquise de Châteauroux, il vient s'y établir, et, comme la résidence lui paraît agréable, il y retourne dès lors fréquemment. « Trianon, » dit Barbier, <( était abandonné auparavant et n'était fait même que pour quelques fêles et pour faire collation après la promenade pour Mesdames. Mais à présent cela fait maison de campagne". » Louis XV y amène madame de Pompadour. « Le Roi, » remarque le marquis d'Argenson*, « prend grand goût à Trianon; il commence à se lasser de ses fréquents voyages, ^ et il dit que son appartement de Trianon est le seul qu'il ait encore trouvé à sa fantaisie. Cet appartement communique de plain-pied avec celui de la marquise qu'il voit par là à tous moments comme il souhaite. » « Le Roi, » dit encore Barbier*, (( a une grande disposition à s'ennuyer partout : c'est le grand art de madame de Pompadour de chercher à le dissiper. » La distraction du moment était l'élève des oiseaux de basse-cour : « Le Roi et madame de Pompadour, » rapporte le duc de Luynes*, « s'amusent beaucoup des pigeons et poules de différentes espèces. Ils en ont partout, à Trianon, à Fontai-

treillage : 7,064 liv. — Oi2230. En iToO, terrasse : 19,800 liv. — Oi22oK En i7ol, terrasse : 5,200 liv. — Oi2252. En 1752, terrasse : 6,o00 liv. ; maçonnerie : 01,500 liv.; serrurerie : 9,500 liv. ; treillage : 7,400 liv. ; glaise pour les bassins : 326 liv. , 4 2 sous, 6 deniers. — 0 » 2253. En 1 733, terrasse : \ ,700 liv. ; maçonnerie : 80,000 liy. ; treillage ; 4,500 liv.

1. Math. Marais. Journal et Mémoires; Paris, 1863-68, 4 v. in-8», I, 316.

2. Journal historique et anccdotique du règne de Louis XV; Paris, 1847-56, 4v. in-8«, IV, 421.

3. Journal et Mémoires; Paris, i861.-65, 7 v. in-8*>, VI, 199.

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