Paris, 1779-1788, 69 vol. in
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Tout à coup s'offre aux yeux, de bois environnée. Quel silence I C'est là qu*amante du désert La méditation avec plaisir se perd Sous ces portiques saints...
C'est Taurore du romantisme grandissant à côté de la renaissance classique sur laquelle nous avons appelé précédemment l'attention du lecteur et qu'il ne tardera pas à éclipser*. Celle-ci paraissait alors florissante, mais il n'était pas difficile de voir qu'elle ne fournirait pas une longue carrière : Thaleine lui manquait déjà. Du belvédère où nous nous sommes arrêtés, examinez ce temple de l'Amour dont les colonnes et la coupole se détachent là-bas sur le feuillage : y a-t-il dans ce monument une idée neuve, une forme originale, une invention quelconque? C'est un pastiche. Et la décoration intérieure de ce belvédère même, si charmante qu'elle soit, qu'est-ce autre chose qu'une copie des peintures d'Herculanum et de Pompéi? Attendez que les artistes dont la main, formée à l'école des maîtres du commencement du xvni* siècle, donnait à toutes choses ce cachet d'élégance et de grâce qui distinguait Tart français, aient disparu, et vous verrez surgir ces œuvres sèches, étriquées, tantôt trop grêles, tantôt lourdes, qui dégoûteront du style antique. David venait de rentrer d'Italie, imbu des théories de Winckelmann, et, sous son influence, les peintres et les sculpteurs allaient multiplier ces éternelles et fastidieuses reproductions des mêmes types : Laocoon, Apollon du Belvédère, Vénus de Médicis.
Le pastiche de l'antiquité sévit également en littérature. Cependant ici, à côté de détestables imitations, œuvres de décadence, il faut constater uri progrès heureux dans la fidélité des traductions. Un interprète d'Homère, bien oublié aujourd'hui, Bitaubé, publia, en 1776, une Iliade qui fit événement lorsqu'elle parut. Jamais en effet jusque-là, on n'avait serré d'aussi près le texte grec, si exactement rendu la couleur et le mouvement des chants d'Ho-
i. Les émigrés, en revenant d'Angleterre et d'Allemagne, activèrent cette révolution littéraire.
t06 LE JARDIN ANGLAIS.
mère*. Quand elle parut, André Chénîer, adolescent, était encore sur les bancs du collège. Il n'est pas défendu de supposer que la tentative du traducteur put exercer quelque influence sur le jeune disciple des Grecs. C'est dans ses vers seulement, qui fermentaient dans sa tête à l'époque qui nous occupe, que Ton trouverait le charme, la grâce, le fini, la fraîcheur du style Louis XVI lorsqu'il était à ses débuts. André Chénier sera le poète de ce délicieux moment, comme Gabriel en fut l'architecte, à Trianon.
1. Le Mercure de France, de janvier 4777, pour faire sentira ses lecteurs l'originalité et la fidélité de la méthode de Ritaubé (récole de Konsard qui l'avait précédé dans cette voie était alors bien oubliée), met plusieurs passages de sa traduction en regard de celle de madame Daoier qui alors faisait seule autorité.
nsi. ~ Premier voyage. ■— Spectacles. — Serond voyage.
Fête offerte à Monsieur. —Visite du couitc de FalkeQstciii et fôtr en sou honneur.
Naissance du dauphin.
1782. — Reprise de la comédie de société. — Le Sage étourdi,
La Matinée et la Veillée viilaffeoiscs. — Premier voyage.
Fêle en l'honneur du comte et la comtesse du Nord. — Le CJirdinal de llohan.
I>3uxième voyagr. — Le dauphin et Madame royale au Graud-Trianon.
Troisième voyage. — Démission de madame de Guéménée.
M™e de Poliguac gouvernante des enfants de France. — (iaierie du jeu de bague.
Projet du hameau.
« Madame Élisabclli, » écrit, le 23 juin 1781, madame de Bombellcs à sou mari', « va s'établir après-dcmaiu à Triauou avec la Reine. Elles y reslcront six jours. La Reine a dit à madame Elisabeth qu'il fallait que je Tallasse voir tous les matins, qu'elle était désolée de ne pouvoir m' offrir à dîner et à souper, mais que, comme elle n'avait pas de dames du palais avec elle, qu'il n'y aurait que la duchesse de Polig^nac, elle craignait que cela ne causât trop de jalousie. J'aurais trouvé fort simple que la Reine ne pensât pas à moi; ainsi, je ne suis pas choquée qu'elle ne veuille pas me donner à dîner, mais très sensible à la permission qu'elle veut bien me donner d'aller le matin à Trianon, permission que personne n'a ; j'ai prié madame Elisabeth de lui en faire, ce soir, mes remerciments. » Le journal de Louis XVI,