‹ Le Petit-Trianon (volume 2)Chapitre 167 sur 362 · Ce décor routa 1,463 livres · texte numérisé non relu

Ce décor routa 1,463 livres

6. On en fit imprimer 100 pour l'opéra, et 330 pour le ballet. 0* 3061.

7. Les salaires pour l'allumage et l'entretien des feux s'élevèrenl à 1,294 livres, 9 sous, 9 deniers.

216 LE JARDIN ANQLAI8.

rîère le temple de l'Amour 4,925 fagots. Pour le concert dans le jardin, on adjoignit à l'orchestre du régiment des gardes françaises trente-quatre musiciens des gardes suisses qu'on fit venir de Courbevoie*.

La baronne d'Oberkirch, qui accompagnait la comtesse du Nord, nous a laissé sur cette fête quelques détails intéressants*. Elle y parut elle-même en grand habit, avec une coiffure merveilleuse, chef-d'œuvre sans doute de" la fameuse mademoiselle Bertin, qui, remarque le chevalier de Tlsle, avait été honorée de la première visite dos augustes voyageurs à Paris. <r J'essayai, » dit la baronne, <r pour la première fois, une chose fort à la mode, mais assez gênante : des petites bouteilles plates et courbées dans la forme de la tête, contenant un peu d'eau pour y tremper la queue des fleurs naturelles et les entretenir fraîches dans les cheveux. Cela ne réussissait pas toujours, mais quand on en venait à bout, c'était charmant. Le printemps sur la tête au milieu de la neige poudrée produisait un effet sans pareil... La cour, » continue madame d'Oberkirch, « était radieuse; madame la comtesse du Nord avait sur la tête un petit oiseau de pierreries qu'on ne pouvait regarder tant il était brillant. Il se balançait par un ressort, en battant des ailes au-dessus d'une rose au moindre de ses mouvements. La Reine le trouva si joli qu'elle en voulut un pareil.

ce II y eut ensuite un souper de trois tables à cent couverts par table. » D'après un état des « grands traitements, festins et spectacles » offerts au comte et à la comtesse du Nord, qui est conservé aux archives de Seine-et-Oise', il y eut cinq tables: la table de la reine, quatre tables d'honneur, dont une spéciale aux (f seigneurs russiens. » On dressa en outre quelques petites tables particulières : madame de Polignac eut la sienne. Nous

i. OM877-80, 1884.

3. Dans les papiers de M. de f^a Chapelle, premier commis du ministère de la maison du roi. £ 1476.

donnerons Tidée d'un de ces festins royaux, à Toccasion delà réception du comte de Haga, deux ans plus tard'. «J'eus Thonneur,» continue la baronne, ci d'être placée près de madame Elisabeth et (le regarder bien h mon aise cette sainte princesse. Elle était dans tout Téclat de la jeunesse et de la beauté, et refusait tous les partis pour rester dans sa famille. La reine me fit rhonneur de me parler plusieurs fois et de prendre part à ma conversation avec la princesse, dont elle entendait des bribes au milieu de toutes les autres. »

Que devenait, dans tout cela, le roi? Éclipsé complètement par l'archiduchesse devenue reine de France, dont il n'était qu'un des invités, le successeur de Louis XIV faisait si pauvre figure à Trianon que la baronne d'Oberkirch ne semble pas l'avoir aperçu : elle ne lui fait pas même l'honneur de le nommer. Il était là, sans doute, comme l'avait vu M. de Belleval, à la fête que les gardes du corps offrirent à LL. MM. le 30 janvier précédent, dans la salle de l'opéra k Versailles : marchant mal et sans gnïce, ne sachant que faire de sa personne, Tair ennuyé et triste, h côté de la reine, dans tout l'éclat de sa beauté, h la démarche imposante, au port de tête majestueux, distribuant autour d'elle les sourires et les paroles affables *.

Il se produisit h celle fête un incident que madame Campan raconte ainsi ': «Le cardinal de Rohan se permit très indiscrètement de s'introduire dans les jardins à Tinsu de la reine. Toujours traité avec la plus grande froideur depuis son retour de Vienne*, il n'avait pas osé s'adresser à elle pour lui demander la permission de voir rilinmination ; mais il avait obtenu du concierge de Trianon la promesse de l'y faire entrer aussitôt que la reine serait

\. Voyez 3° partie, le Hameau^ c. m, et Documents, III.

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