Mercy, III
S54 LB HAMBAU.
cence de Louis XIY, où Ton venait avec tant d'empressement de toute l'Europe prendre des leçons de bon goût et de politesse, ne fut plus qu'une petite ville de province où Ton n'allait qu'avec répugnance, et dont on s'enfuyait le plus vite possible*. » Après son déjeuner, le roi, pour se distraire, montait dans les combles du palais, et de là, avec une lorgnette, il épiait les rares carrosses qui faisaient leur apparition dans l'immensité vide de l'avenue de Paris*.
Toute la semaine, Marie-Antoinette menait la vie de château chez la duchesse de Polignac. Quand elle entrait chez son amie, elle se plaisait à dire : Maintenant, « je ne suis plus la Reine, je suis moi'. » « On se rassemblait dans une grande salle de bois, construite à l'extrémité de cette aile du palais qui regarde l'orangerie ; au fond, il y avait un billard; adroite, un piano; à gauche, une table de quinze. On y faisait de la musique, on causait*. » Le peu qui restait de cour se tenait là. La duchesse donnait des soupers, des bals, des concerts, des spectacles que le roi et la reine honoraient de leur présence. La comtesse Diane de Polignac, dans des mémoires sur sa belle-sœur qu'elle a publiés en 1798, fait remarquer avec raison que, si son frère a reçu des sommes considérables, la plus grande partie en fut employée aux dépenses qu'entraînait cette représentation exceptionnelle. Il faut noter cependant que les maisons du roi et de la reine payaient une partie des frais'. Mercy rapporte* que, en 1780, il était question de donner au duc de Polignac le comté de Bitche en Lorraine et que ce projet n'avait pas eu de suite. Après la mort de Marie- Thérèse, on revint à l'idée de le doter d'un domaine engagé, et il obtint le comté de Fenestrange, aussi en Lor-
1 . Le duc de Lévis. Souvenirs et Portraits; Paris, 1857, in-12, 333.
2. Le comte d'Hézecques. Souvenirs d'un page; Paris, 1873, in-i2, 160.