LKS ENFANTS ROYAUX A TRIANON
d'Hézecques*, « croissait avec peine; sa santé délicate, son tempérament rachitiquo, et surtout un développement d'idées peu ordinaire à son âge, faisaient prévoir que la France ne le conserverait pas longtemps. Madame royale*, quoique très petite pour son âge, avait la dignité de port et la fierté d'attitude de sa mère. Cette fierté autrichienne s'était tellement développée en elle dès sa première enfance, qu'on s'était vu obligé d'y remédier et de chercher à l'en corriger. Un des moyens que Ton reconnut les plus propres à atteindre ce but fut de lui donner une petite compagne de son âge et de naissance obscure qui, alternativement avec la princesse, obtenait la préférence dans les choses de politesse et d'égards. Et ce qui prouve la bonté de caractère de Madame, c'est que, loin d'éprouver de l'antipathie pour cette jeune personne, elle lui a toujours conservé un grand attachement. »
Madame royale et le dauphin avaient suivi à Trianon la reine qui s'occupait de les amuser. Par son ordre, Antoine Richard traça pour Madame royale un petit parterre dans le jardin français *. On réunit aussi pour elle un petit troupeau de dix chèvres et moutons*. Le berger qui les soignait avait sa cabane auprès de l'orangerie". Le frère et la sœur s'aimaient tendrement et ne se quittaient point. Leur mère les fit peindre plusieurs fois par madame Lebrun, jouant ensemble dans le jardin de Trianon. L'un de ces tableaux les représentait donnant une grappe de raisin à une chèvre*. Un autre, dont il a été fait une fort belle gravure', nous les montre blottis l'un contre l'autre au pied d'un
1. Souvenirs, 22. — On lui avait fait rentrer la croûte de lait, disent les Jtf(?moires secrets.