‹ Le Petit-Trianon (volume 2)Chapitre 208 sur 362 · LE PORTRAIT DB LA RRINE · texte numérisé non relu

LE PORTRAIT DB LA RRINE

dinal dans le parc de Versailles. La femme Lamotle soutira ainsi de sa dupe fascinée plus de 120,000 livres*. Tout à coup elle entendit parler de démarches tentées par Boehmer pour vendre à l'étranger le collier refusé par la reine, et conçut la pensée d*une escroquerie gigantesque dont le cardinal serait Tagent inconscient. Elle lui conta que la reine, se ravisant, mourait d'envie d'avoir ce bijou, mais n'osait l'acquérir ouvertement, et elle Tamena à croire que celle princesse lui rendrait toute sa bienveillance et le pousserait même au ministère, s'il l'achetait pour elle. Elle devait lui faire passer secrètement l'argent nécessaire pour le payer en plusieurs termes. Le cardinal tomba dans le piège, prit le collier chez Boehmer, le porta, le 1" février 1785, chez madame de Lamotle qui le remit devant lui entre les mains d'un valet supposé de la reine*. Il vivait depuis lors dans l'espérance des plus hautes destinées, tandis que le joaillier attendait son argent.

Boehmer, k la première échéance, ne voyant rien venir, se rendit le 3 août, auprès de madame Campan qui était à Crespy, chez son beau-père, pour lui demander d'intervenir auprès de la reine afin de le faire payer. Madame Campan lui démontra qu'il avait dû être trompé, et lui conseilla d'aller trouver le baron de Breteuil, qui avait la charge des diamants de la couronne, « de lui dire avec sincérité tout ce qui s'était passé et de

se laisser diriger par lui Je passai, «continue la première

femme de chambre, « dix jours à ma campagne sans entendre parler de cette affaire. La reine m'ayant fait demander au Petit-

placée en 1785, quelques jours avant l'arrestation du cardinal, et la lient à l'intrigue du collier, tandis que, d'après les pièces du procès, elle est d'une année antérieure et tout à fait étrangère à l'affaire. C'était une manœuvre de la femme Lamotte pour soutirer de l'argent au cardinal ; elle ne pensa au collier que plus tard. Madame Campan, l'abbé Georgel et même Beugnot, qui prétend avoir vu revenir la femme Lamotte et la fille Oliva de leur expédition, se trompent également sur ce point,

\, Le comte Beugnot. Mémoires; Paris, 1868, 2 v. in-8<>, 1, c. i et n.

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