‹ Le Petit-Trianon (volume 2)Chapitre 211 sur 362 · Campan, IF, c. xii, el Eclaircissements historiques · texte numérisé non relu

Campan, IF, c. xii, el Eclaircissements historiques

tous les cas, je désire que cette horreur et tous ses détails soient bien éclaircis aux yeux de tout le monde. »

Tandis qu'on embastillait le prince de Rohan, la reine, revenue au Petit-Trianon, y jouait le Barbier de Séville devant Beaumarchais lui-même, à qui, dit la Correspondance de Grimm, « Ton avait daigné accorder la faveur très distinguée d'assister à cette représentation. » Étrange tableau que celui de la fille de Marie-Thérèse, descendue au rôle d'actrice et se soumettant, en cette qualité, au jugement d'un homme qui avait été jadis, sur Tordre de sa mère, emprisonné en Autriche comme auteur d'un libelle calomnieux contre la reine de France *, et que, tout récemment encore, le gouvernement avait enfermé à Saint-Lazare à cause de son insolence* ! C'était à Vaudreuil qu'il devait cet honneur insigne, à Vaudreuil qui, deux ans auparavant, était allé chercher Garât dans une voiture de la cour pour le faire chanter devant la reine '.

Dans la pièce de Beaumarchais, Marie-Antoinette « jouait le rôle de Rosine, M. le comte d'Artois celui de Figaro, M. de Vaudreuil celui du comte Almaviva ; les rôles de Bartholo et de Basile ont été rendus, le premier par M. le duc de Guiche * et le second par M. de Crussol. Le petit nombre des spectateurs admis à cette représentation y a trouvé un accord, un ensemble qu'il est bien rare de voir dans les pièces jouées par des acteurs de société ; on a remarqué surtout que la Reine avait répandu dans la scène du quatrième acte une grâce et une vérité qui n'auraient pu manquer de faire applaudir avec transport l'actrice même la plus obscure. Nous tenons ces détails, » dit, en terminant ce compte rendu, le

1. Au jugement de MM. d'Arnelh et Geffroy, il est aussi difficile d*élab)ir qu'il a composé ce libelle que de prouver le contraire. Mercy, II, 283,

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