‹ Le Petit-Trianon (volume 2)Chapitre 241 sur 362 · I. Arch. nat · texte numérisé non relu

I. Arch. nat

croisées par des panneaux de glaces. Il fallait décorer un peu la nudité des lambris. Afin de n'avoir pas à toucher aux rouages et poulies des glaces mouvantes, Mique fit appliquer des arabesques sur le bois*. En même temps on plaça une nouvelle cheminée en marbre blanc à colonnes engagées dans des gaines. Un coup d'œil jeté sur Tomementation de ce boudoir {pL XXI) permettra de juger tout le chemin que le style Louis XVI avait parcouru vers la décadence. Cette délicate guirlande de fleurs, entremêlées d'amours, de vases thuriféraires, d'arcs, de flambeaux, de colombes, d'écussons aux armes de France et au chiffre de Marie-Antoinette est tout à fait charmante. Mais qu'il y a loin de là aux lambris de Gabriel !

Quant aux tentures fabriquées à Lyon, la description nous en a été conservée dans une annonce que MM. de Concourt" ont découverte dans les Petites Affiches du nonidi, 9 nivôse an V (jeudi 29 décembre 1796). Le meuble était « en pou de soie bleu, recouvert de broderies et de dentelles en soie blanche. » Il se composait : « 1* d'un lit de repos de dix pieds de long sur trois pieds de large, avec chevet, boudins, carreau garnis en draperies dorées sur le devant et cinq oreillers de même, recouverts de broderies et dentelles des deux côtés ; 2"* de trois fauteuils pareils avec leurs carreaux; 3° de deux chaises garnies en plein et pareilles; 4" de quatre draperies pour quatre croisées et de huit écharpes formant rideaux en draperies, également brodés en plein des deux cOlés. Le tout est encadré de broderies et de franges en perles et soie de (îrenade ; les bois de ce magnifique meuble sont faits et sculptés dans le dernier goût ; le dedans de tous les carreaux et oreillers est en duvet blanc*. »

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