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LA POLITIQUB A TRIANON. 327
Ce voyage fut très orageux : la politique prit à Trianoii le pas sur le plaisir. Chacun sait que les Notables assemblés par M. de Calonne avaient, en constatant le déficit dans les finances de rÉtat, demandé des réformes. On cherchait un ministre capable de les réaliser. Depuis longtemps, l'abbé de Vermond tenait en réserve un candidat, son ami, Tarchevêque de Toulouse, puis de Sens, Loménie de Briennc, sur lequel Mercy* fondait les plus grandes espérances. L'empereur lui-même, qui s'était entretenu avec lui en 1777, avait pris de son mérite une haute idée, et, le regardant « comme un des sujets les plus capables au ministère, » avait dès lors exhorté « son auguste sœur à porter Fattention du Roi sur le prélat on question*. » Mais Louis XVI avait fait la sourde oreille. On profila de l'indécision, où les échecs répétés des ministères qui s'étaient succédé aux affaires avaient jeté l'esprit de Louis XVI, pour faire prendre à la reine une influence décisive dans le gouvernement. Mercy attendait depuis longtemps cette heure : « Tout semble annoncer que le caractère du Roi penche à la faiblesse, » écrivait-il, le 15 juillet 1774;.^. « il serait facile à la reine de le gouverner si elle voulait s'en donner la peine'. » Mais il manquait à Marie-Antoinette la réflexion et les connaissances nécessaires pour soutenir un pareil rôle. Son ingérence dans les affaires n'eut d'autre résultat que de discréditer l'administration et d'augmenter encore son impopularité*. Le récit de ces événements appartient à l'histoire générale, et nous n'y ferions point allusion si Trianon n'avait été le théâtre des intrigues qui amenèrent le changement du ministère. Mais laissons la parole à un témoin oculaire.
« A cette époque-là, » dit le baron de Besenval*, « la reine fit dans sa maison de Trianon un de ces voyages particuliers avec