Lescure, II
2. Page 212. La lettre de Joseph II est datée du 5 novembre 1787.
5. Geneviève de Grammonl, mariée à Gharles-Pierre-HyacinLhe, comle d'Ossun. — Voyez aussi Oberkirch, II, 114. — On avait, Tannée précédente,
bonne el douce, et douée d'une haute vertu. Malgré toutes les précautions pour ne pas exciter la jalousie des Polignac, leur société en prit ombrage et exhala son mécontentement en propos malveillants. « On parla avec malignité de ce que la reine aimait à danser des écossaises avec un jeune lord Strathavon, aux petits bals, chez madame d'Ossun. Ia\ habitué du salon Polignac, et qui devait avant tout une profonde reconnaissance et les plus respectueux égards à la reine, fit contre elle un couplet très méchant, et ce couplet, fondé suruninfâme mensonge, alla circuler dans Paris*. »
« Du moins, » dit madame Campan, « Marie-Antoinette n'eut pas à reprocher à madame de Polignac un seul défaut qui pût lui faire regretter le choix qu'elle en avait fait comme amie. » Ce n'est pas l'avis du comte de La Marck, qui raconte qu'une fois, la reine s'étant hasardée « à lui exprimer le déplaisir que lui inspiraient plusieurs des personnes qu'elle rencontrait chez elle, » cette tendre amie, dont on vantait si fort la douceur et la délicatesse, avait osé répondre : « Je pense que, « parce que Votre Majesté veut bienvenir dans mon salon, ce n'est c< pas une raison pour qu'elle prétende on exclure mes amis. » Plus tard, au temps des mauvais jours, alors que la princesse de Lamballe était revenue d'4ngleterre, où elle était en sûreté, à Paris qui lui réservait une mort affreuse, pour être auprès de la reine, le comte Fersen, faisant un voyage à Vienne, y voyait madame de Polignac et s'étonnait de l'indifférence qu'elle montrait pour celle à qui elle devait tant. On lit dans son journal : « 15 août 1791.... Madame de Polignac me parla plus des affaires
que de la Reine; elle me dit mille choses. — 24 août Elle
parle toujours d'affaires et peu de son amie. »
parlé de la faveur de la princesse de Tarente, Louise-Emmanuelle de Cliaslillon, mariée à Charles Bretagne Marie Joseph de La Trémoille, prince de Tarente, et dont M. de Reiset a publié le portrait f/owma/ de madame Élofe, t. II). Mais cette faveur fut éphémère. i. La Marck, I, 57.
3i^ LK HAMEAU.
Nous n'avons pas une seule fois rencontré le comte Fersen à Trianon. Il était cependant revenu à Versailles, après la guerre d'Amérique, et avait obtenu un régiment, le Royal -Suédois. Il se partageait entre sa patrie d'adoption et son pays natal. En France, il vivait à la cour quand les exigences du service nâilitaire ne l'appelaient pas en Flandre, où il tenait garnison*. La reine lui avait conservé les sentiments de la plus confiante amitié, comme le démontre la correspondance publiée par le baron de KlinckowstrOm, correspondance où des ratures multipliées soulignent si maladroitement certaines expressions un peu vives. Mais il ne parut jamais dans la société des favoris, « bien qu'ils lui eussent fait toutes les avances pour l'y attirer. » Le comte de La Marck pense que c'est sur l'inspiration de Marie-Antoinette qu'il agit ainsi.
Depuis quelques années, la reine avait inspiré un amour insensé à un ancien conseiller au parlement de Bordeaux, nommé de Castelnaux, dont l'esprit était aliéné. Pour la voir, il la suivait partout, au jeu public, à la chapelle, au spectacle; il accompagnait la cour dans tous ses voyages, à Fontainebleau, à Saint- Cloud, sans parler jamais à personne. « A Trianon, » dit madame (Sampan*, « la passion de ce malheureux homme devenait encore plus importune; il mangeait à la hâte un morceau chez quelque suisse et passait le jour entier, même par la pluie, à faire le tour du jardin, marchant toujours au bord des fossés. La reine le rencontrait souvent quand elle se promenait seule ou avec ses enfants. Cependant elle ne voulait permettre aucun moyen de violence pour la soustraire à cette insoutenable importunité. Ayant un jour donné à M. de Sèze' une permission d'entrer à Trianon, elle lui fit dire de se rendre chez moi, et m'ordonna d'instruire ce célèbre avocat de l'égarement d'esprit de M. de Castelnaux, puis de l'envoyer chercher pour que M. de Sèze eût
i. Son régiment était cantonné à Valenciennes et à Haubeuge.