Voir plus haut, p. 134, note
2. Dans cette refonte^ M. P. Lacroix a oublié 17 ouvrages. Ou eu trouvera plus loin rindicatioa eu note.
thèque impériale, Tallaqua en contrefaçon, parce qu'il avait publié un manuscrit qui était la propriété de l'État, sans l'autorisation du propriétaire. Le tribunal, heureusement, n'admit pas cette théorie, vraiment inquiétante pour les nombreux clients de notre premier établissement littéraire, exposés à se voir intenter une action en justice toutes les fois que leurs travaux seraient désagréables au pouvoir.
Il résulte de la correspondance de Mercy que M. L. Lacour s'est trompé en mettant à la charge de l'abbé de Vermond la réunion de ces livres, et j'ai dit plus haut qu'il convenait plutôt de l'attribuer à M. Gampan*. Dans la préface, M. L. Lacour a écrit un chapitre remarquable sur les boudoirs de la fin du xviii® siècle, qui ne doivent pas éveiller l'idée d'un lieu de rendez-vous galants, mais d'une petite retraite propre aux lectures récréatives et à la causerie intime. Il a de plus démontré que le plan qui a présidé à la formation de la collection du boudoir est celui qu'indique, d'une part, le marquis de Paulmy dans le Manuel des châteaux et la Bibliothèque universelle des romans, et qu'on trouve, d'autre part, dans les diverses Bibliothèques dites de campagne.
Le répertoire de la bibliothèque du boudoir a dû être rédigé aux Tuileries après la Révolution. Pour le relier, on l'a introduit, en le collant sur les gardes, dans une couverture enlevée à un autre ouvrage. Voilà un trait d'économie qui sent les mauvais jours.
Le catalogue de M. P. Lacroix est une réplique à la publication de M. L. Lacour. Le savant bibliothécaire de l'Arsenal, sans nier l'existence de ces livres, a très habilement supprimé leur caractère de collection séparée et choisie, qui blessait les fauteurs et les partisans de la légende, en les noyant dans la bibliothèque du Petit-Trianon et en les cataloguant, h la fin de l'inventaire de celte dernière, sous le titre de : Liste des limbes absents, égarés ou volés lors de l'inventaire dressé en 1793. Mais ils étaient si peu « égarés ou volés » qu'on les retrouve tous à la bibliothèque nationale, où ils ont été transportés des Tuileries. Il est certain qu'ils n'ont jamais été au Petit-Trianon dont ils ne portent pas la marque. Je crois inadmissible, malgré la simplicité de leur reliure qui dénote une préoccupation d'économie, que la collection ait été formée aux Tuileries après 1789*. La supposition la plus plausible est
1. Les pamphlets de l'époque, notainmeiit les Essais historiques sur la vie de Marie-Antoinette, exagèrent et calomnient, pour la flétrir,, la complaisance de M. Campan.
2. On trouve à la bibliothèque nationale des livres portant la reliure de la collection du boudoir et non inscrits à son catalogue. Ils ont, par conséquent, été achetés depuis la rédaction de cet inventaire. Je citerai entre autres : tes Françaises y de Rétif de La Bretonne.
qu'on les a apportés de Versailles en même temps que la grande bibliothèque de la reine*.
Sur les 592 ouvrages qui composaient la collection du Pelit-Trianon, 273 existent encore dans les bibliothèques d'établissements publics : 267 à la bibliothèque municipale de Versailles*, 5 à la bibliothèque de la préfecture de Seine-et-Oise et 1 au lycée de Versailles (le n* 476). On les trouvera indiqués au catalogue qui suit. Ce dernier a été rédigé par deux libraires de Versailles, rapidement, et par conséquent avec des lacunes et des erreurs. Nous n'en avons que des copies, exécutées par un expéditionnaire peu intelligent qui ne l'a pas amélioré. Les recherches de M. P. Lacroix, qui a enrichi ce catalogue de notes précieuses dont un grand nombre a été emprunté au marquis de Paulmy, nous ont permis de le compléter et de le rectifier sur bien des points. Nous ne pouvons que renvoyer le lecteur à son petit livre, très intéressant pour la connaissance de la bibliographie du xvm" siècle.
1. La collection du Petit-Triaaon D*est pas représentée à la bibliothèque nationale. Du moins, n'y ai-je pas rencontré un seul volume portant sa marque, lors de la rapide recherche que M. Léopold Delisle m'a permis d'en faire dans les livres de la réserve.
2. Ils ont été réunis et placés dans un charmant corps de bibliothèque de style Louis XVI par l'aimable et intelligent bibliothécaire de Versailles, M. Délerot.