Par les danseurs de Topera
04 LB JARDIN ANOLAIS.
vironnaient, de la facilité avec laquelle elle s*y laissait entraîner par Tappàt trompeur des dissipations ; il lui en présenta les conséquences infaillibles et effrayantes pour l'avenir. Dans ce chapitre furent compris les articles de la négligence envers le Roi, des sociétés de la Reine, de l'abandon de toute occupation sérieuse et de la passion pour le jeu. »
Il lui réitéra sans doute, et aussi vainement, les conseils que répétaient sans cesse et sa mère et Mercy , effrayés tous deux de lui voir prendre des allures si différentes de celles des reines qui l'avaient précédée. A demi effacées et comme perdues dans l'éclat du roi, connues seulement par leur bienfaisance et leur piété, ces princesses ne paraissaient en public qu'entotfrées de femmes, et rien, dans leur existence qui s'écoulait tout entière sous l'œil de témoins désignés par l'étiquette, ne pouvait donner prise aux propos téméraires. Qu'on juge du scandale que causa la vue d'une jeune femme de vingt ans, se mettant en avant partout sans le roi ; allant en cabriolet, dans des toilettes extraordinaires, aux chasses du bois de Boulogne, aux courses de chevaux, avec une troupe de jeunes gens turbulents et sans respect; courant les bals de Topera en compagnie du comte d'Artois et de Monsieur que ne voulait point suivre Madame ; passant ses soirées dans la maison de la princesse de Guénenéc, « vrai tripot » où régnait « un air de licence et de mauvais ton ; » installant elle-même à la cour , au mépris des ordonnances portées contre les jeux de hasard et malgré le blâme du roi, une banque de pharaon où l'on pontait sans désemparer trente-six heures de suite jusqu'au matin de la Toussaint*. La reine, disait Mercy, « a de l'esprit, de la pénétration, du caractère et des grâces infinies, mais l'emploi de si grands avantages n'est pas à beaucoup près tel que je m'en étais flatté et que je devais m'y attendre. » Tout cède « à des idées de dis-
i. Madame Campan, I, chap. iv.
2. Mercy, II, 76. Les promenades iiocliirnes n'avaieni pas encore eu lieu. Elles devaient commencer cet été même, après le départ de Joseph IL Mercy, IF, M 3.
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sipation et d'amusement*. » Et, dès les premiers jours, Marie- Thérèse à qui Tanxiété maternelle* semble donner la vision de Tavenir, s'écriait : Ma fille court à grands pas à sa ruine, trop heureuse encore si, en se perdant, elle conserve les vertus dues à son rang.
« L'Empereur, » continue Mercy, « prenant le ton de la sensibilité, mit une mesure si juste à ses remontrances qu'elles n'effarouchèrent aucunement la Reine. Cette princesse lui fit des aveux plus étendus sur le Roi, sur ses entours; elle convint des raisons de l'Empereur, en mettant cette restriction « qu'il viendrait (( un temps où elle suivrait de si bons avis. » La princesse de Lamballe avait fort déplu à l'Empereur; la Reine convint que, par engouement, elle s'était trompée sur cette favorite, et qu'elle était au repentir de l'avoir mise à la place qu'elle occupe. En revanche, la Reine vit avec plaisir que son auguste frère avait pris assez bonne opinion du duc de Coigny '. » -
i. Mercy, H, 197, 208, 302, 3i2, 332, 343, 390, 427, 431, 518, o2l, 52t. III, 35, 56. On retrouve dans une chanson, composée en 1776, la plupart des critiques de Mercy :
... Reine de France en apparence, Vous Tètes plus réellement Des ministres de la toilette, Des comédiens, des histrions, Et, bravant en tout l'étiquette, Des filles vous avez le ton.
... Bezenval a la confiance, Un Caraman est distingué...
S'il est vrai que la Vaupalière Doive paraître à votre cour.
Ma foi, dans cette pétaudière.
Faites fl{?urer tour à tour Ce que les comptoirs, les coulisses Nous offrent de plus séduisant.
Avec des banquiers, des actrices Vous tiendrez votre appartement.
Recueil manuscrit de chansons, de 1741 à 17)^2, t. VIII, provenant de la bibliothèque de la présidente de Rosanbo. Arch. dép. de Seine-et-Oise.