Lettre à M. de Fonlanieu, 8 juin
pas moins de cinq modèles pour ce motif qui, en fin de compte, ne fut point agréé. On pensa ensuite à figurer Apollon au moment où il saisit Daphné qui se métamorphose en laurier; los lumières devaient sortir des feuilles de l'arbre. Enfin, on se fixa à deux groupes en plâtre, de deux femmes chacun, remarquablement gracieux, il faut en convenir. Elles portent d'un geste élégant un grand cornet garni de soleils, de roses, de lis, étages en girandole, parmi lesquels brillaient quatre-vingt-onze flammes de bougies*.
Un grand réverbère mobile, en cuivre argenté, de vingt-et-un pieds de long sur dix pouces de haut, fut placé le long de la rampe de l'orchestre qui était éclairé lui-même par seize chandeliers*. Sur la scène, BouUet, machiniste et inspecteur des théâtres du roi, construisit un appareil de machines aussi complètement outillé que possible*.
Enfin, au mois de juillet 1779, le peintre Lagrenée termina le plafond de la salle qui représente Apollon dans les nuages, accompagné des Grâces et des Muses, autour desquels voltigent des Amours tenant des fleurs et des flambeaux, et le théâtre fut prêt à être livré aux acteurs*.
1. On retrouve un motif semblable dans Torgue de Saint-Sulpice, à Paris.
2. Des réverbères furent disposés sur la scène pour éclairer les décors, et on mit dans les corridors 21 lanternes en verre.