III
plus en plus occupée de sa maison de plaisance et qu'elle s'y rend presque chaque jour, soit le matin, soit l'après-midi. Sa Majesté, » dit-il « n'y est suivie que par deux ou trois personnes. » On y travaillait alors activement aux montagnes, au rocher, au belvédère, au ravin qui devait dissimuler près de la porte verte la décharge des eaux*. Marie-Antoinette y faisait, en même temps, étudier des projets d'agrandissement des communs attenant au château et de construction d'une grotte non loin de l'orangerie. Elle s'occupa en même temps de l'établissement d'une bibliothèque. Le devis en fut terminé le 30 juin. Mique proposait de la loger « à l'entresol, au-dessus du cabinet des glaces mouvantes, dans des armoires peintes en blanc adouci, avec des panneaux grillés à mailles de fil de laiton'. » Ces panneaux étaient garnis de rideaux en taffetas vert pomme*. Si l'on se reporte au plan du premier étage dressé sous Louis XY {pi. VU), on remarque, du côté du nord, un petit escalier conduisant à l'entresol. Cet escalier avait été supprimé, probablement en 1776 \ et l'on avait transformé l'espace libre en un boudoir, où, par un ingénieux mécanisme", des glaces s'élevaient du sol pour masquer les fenêtres. C'est cette pièce que Mique appelle le cabinet des glaces mouvantes. Notons, en passant, que les lambris et la cheminée de ce charmant réduit n'existaient pas, à ce moment, tels qu'on les voit aujourd'hui. La bibliothèque formée à Trianon par Marie-Antoinette, et
i. Un violent orage, )e 22 juillet, causa de grands dégâts dans ces ouvrages. OM877, 1879. Le ravin fut terminé le 14 juillet 1780, le reste seulement en 1784. Nous en reparlerons plus loin.
2. Le dessin en a été conservé aux archives nationales, dans le carton 0 ^ 1 886. Le devis est dans OH 885. A Trianon, les armoires ont été enlevées; on en voit encore les ferrures sur le plancher.
3. Il y en avait 30 qui furent vendus sous le n^ 14705. Procès-verbal de la vente du mobilier de la liste civile à Versailles.
4. Comptes du garde - me ub1e(Bibl. nat. ms. fr. 6808). En 1776, paiement à Merklein d'un ouvrage mécanique, pour la reine, à Trianon : 24,470 livres, 2 sous.