‹ Le Petit-Trianon (volume 3)Chapitre 110 sur 355 · Gampan, I · texte numérisé non relu

Gampan, I

10. 0*3068, 3069.— Mémoires secrets, ^ }uin 1778, 31 mai 1779.-11 fui démoli en 1785.

trois salles successives à Trianon. Je ne parle pas des scènes de Compiègne et de Fontainebleau. Les théâtres ambulants furent multipliés dans les appartements : on en compta jusqu'à neuf; plus tard, pour compléter ce matériel, la reine fera construire un théâtre portatif destiné à des spectacles en plein air dans les jardins*.

Après la mort de Louis XY, on put croire un moment que la jeune famille royale allait reprendre les jeux scéniques brusquement interrompus de son vivant. « Ces jours derniers, » écrit Mercy le 28 juin 1774', « les princes et princesses étant entre eux, ils imaginèrent de répéter quelques scènes de comédie. On en joua une du Tartuffe : M. le comte de Provence faisait ce rôle. Après la scène jouée, le Roi dit : « Cela a été rendu à mer- « veille ; les personnages y étaient dans leur naturel. » Mais cette première tentative n'eut pas de suite immédiate. Cependant le goût de la comédie intime avait gagné toute la France. A Paris, en province, dans les sociétés, dans les châteaux, princes du sang, magistrats, militaires, noblesse et bourgeoisie, tout le monde apprenait des rôles et montait sur les planches pèlemèle avec les acteurs de profession dont on réclamait les leçons et le concours*. Il s'était formé à Versailles, pendant l'hiver de 1780, une compagnie de jeunes gens qui donnait des représentations intimes chez la duchesse de Yillequier. La reine en entendit parler et voulut absolument être de ces parties. Elle y vint, un soir, sans cérémonie ; mais on était prévenu, et elle trouva seulement un concert fort beau « qui lui fit faire la moue, » car

1.0* 3059, 3062, 3063, 3069. Parmi les décors de ces théâtres, on remarque, des foréls, places publiques, palais, hameaux, salons, chambres rustiques, etc. L'un d*eux représentait la galerie de François I*', à Footainebleau.

4. Un genre nouveau, le proverbe, avait été créé pour ces théâtres de société. Garmontelle en publia 8 volumes in-8*, en 1783. Il fut imité par Dazincourt, madame de Genlis, le vicomte de Ségur et un grand nombre d'auteurs et d*amateurs.

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elle s'attendait à des amusements plus gais. Après avoir un peu joui de sa déconvenue, on la conduisit enfin à un petit théâtre où l'attendaient le roi, Monsieur, Madame, le comte et la comtesse d'Artois, le duc et la duchesse de Chartres, et où elle vit une parodie de l'opéra-comique de Sedaine, Aucassin et Nicolette^ composée par le comte de Liniëres*.

L'idée lui revint alors déjouer elle-même la comédie. La scène était toute prête à Trianon ; on y avait relié le théâtre au château par un corridor en toile bise, montée sur une armature de bois vert, et que des réverbères éclairaient*. Quant aux acteurs, la société de la reine , dont nous parlerons plus amplement au chapitre suivant, pouvait lui en fournir des meilleurs et des plus appréciés dans les salons de la capitale'. On mit des pièces à l'étude, on les répéta en secret pendant le mois de juillet, et enfin, le 1" août, la troupe de Trianon fut en état de faire montre de ses talents au roi et à un cercle restreint de spectateurs.

Mais laissons la parole à Mercy. Remarquez avec quelle précaution il entre en matière pour ne pas offusquer tout d'abord la cour de Vienne : « Dans cette saison où tout le monde habite la campagne, joint à ce que la guerre tient presque tous les militaires absents, les objets d'amusement deviennent plus rares, et c'est pour y suppléer que la Reine vient de penser à un moyen nouveau, qui est d'exécuter des petits spectacles de société sur le théâtre de Trianon. » Il continue, parlant au futur : « Les spectacles seront représentés par la Reine, la comtesse Jules de Polignac, la comtesse de Châlons; si les pièces comportent plus de rôles de femmes, il s'en trouvera parmi les dames de la cour. Les acteurs actuellement désignés sont : le comte de Polignac, le comte d'Adhémar, ministre du Roi à Bruxelles, et le comte Esterhazy ; il en sera encore choisi

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