‹ Le Petit-Trianon (volume 3)Chapitre 112 sur 355 · octobre i · texte numérisé non relu

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l'iS LK JAHDIN AMOLAIS.

bcih avait un petit rôle de comparse. Tout le monde connaît le sujet de cette comédie. C'est une marquise ennuyée dans son château, un jour de pluie , qui fait monter chez elle un officier qu'elle voit passer h cheval sur la route, Tinvite à dîner et, sur le point d*étre surprise avec lui à table par le marquis rentré inopinément de la chasse, Tenferme dans un cabinet. Jouant alors avec la jalousie de son mari qu'elle excite et apaise h son gré, elle l'amène à refuser lui-même la clef de ce cabinet qu'il avait d'abord réclamée impérieusement, et à se mettre à ses genoux pour lui demander pardon. Ce n'était pas ce rôle difficile, même pour une comédienne de profession, que jouait la reine, mais celui d'une soubrette au service de madame de Clainville , non pas de ces soubrettes éveillées qui ont de l'esprit comme quatre et qui tiennent les fils de tous les imbroglios, mais d'une petite suivante ingénue, très effrayée de l'audace de sa maîtresse et en admiration devant son esprit. Le spectateur devait éprouver une impression de surprise en entendant la reine de France débuter par ces mots : « Nous nous plaignons, nous autres domestiques..; » puis en la voyant, quelques moments après, brodant des manchettes pour le valet Lafleur, qui entre une serviette sur le bras. Il est vrai que Lafleur était M. le comte d'Artois, laquais fourbe d'ailleurs, « qui reporte chez madame ce qui se passe chez monsieur, » et qu'on finit par mettre dehors.

Le Roi et le Fermier^ comédie mêlée d'ariettes, est assez faible. Jouée cependant dans ce lieu et par des courtisans, cette pièce offrait un spectacle piquant. Il s'agit, en effet, d'un roi égaré à la chasse et recueilli par un fermier qui, ne reconnaissant point son hôte, fait devant lui la satire de la cour : « Qui peut vous « en avoir tant appris, » lui dit le roi. — « Ma foi, » répond Ri- « chard, « j'ai un peu couru, j'ai vu. Tenez, nous parlions d'un « roi; j'ai vu ce qu'un roi n'est pas toujours à portée de voir. — « Quoi? — Des hommes. » Jenny, amoureuse de Richard, est une petite bergère qu'un seigneur libertin a tenté d'enlever et qui s'est tirée de ses griffes. Quant à Rustaut, dont le comte d'Ar-

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