Comédie
la feinte jusqu'au bout. Monder est bafoué , mais il est beau joueur, et il espère une revanche après les désenchantements du mariage.
Expliquera, morbleu, les femmes qui pourra ! L*amour me les raviL.. l'hymen me les rendra.
Le rôle d'Angélique est charmant et de beaucoup le meilleur de ceux qui pouvaient échoir à Marie-Antoinette pendant cette campagne théâtrale.
Voilà où en était la troupe de Trianon, lorsque Mercy, dans sa dépèche du 16 août, parlait dix projet de jouer des comédies de société. Il est vrai que, dans sa note secrète du même jour à Fimpératrice, il ajoute : « Depuis que mon très humble rapport est écrit, il y a eu une première représentation du spectacle de Trianon. M. le comte d'Artois y a exécuté un rôle, et la règle de n'admettre aucun spectateur a été strictement suivie. Le Roi s'y est fort amusé et ne parait nullement pressé de se retirer à son heure ordinaire. » Mais il est aisé de voir que l'ambassadeur en dit le moins qu'il peut. Marie-Thérèse, on le devine, n'approuve pas sa fille. « Je crois bien, » répond-elle le 31 août*, « que, malgré les soins que vous employez à faire mettre tout l'ordre et toute la décence possibles dans les spectacles de Trianon, vous ne les goûtez pas trop. Je suis de votre avis, sachant par plus d'un exemple que d'ordinaire ces représentations finissent ou par quelque intrigue d'amour, ou par quelque esclandre. » Cependant, elle parait en prendre son parti, car elle n'insiste pas.
Durant ce temps, la reine et sa troupe répétaient l'Anglais à Bordeaux^ de Favari', et le Sorcier* , de Poinsinet. Ces deux pièces furent représentées le 6 septembre. L'Anglais à Bordeaux*^ composé pour célébrer la paix de 1763, était redevenu de circonstance