Mercy, n
1G8 LB JARDIN ANOLAIS.
madame de Polignac refusa parce que sa fortune n'était pas en état de suffire aux dépenses qu'entraînait la représentation de cette charge. La reine se décida alors à l'établir auprès d'elle en qualité d' « amie » et lui donna un appartement au château de Versailles, à proximité du sien*. Jusque-là, les deux amies se voyaient aux soirées de la princesse de Guéménée*. La comtesse Jules ouvrit désormais un salon à des réunions intimes que fréquenta assidûment la reine. Cette compagnie était composée, dit le prince de Montbarey ', des parentes de madame de Polignac. « Les femmes y attirèrent les hommes qui leur étaient attachés. » D'anciens amis de la reine s'y joignirent : Esterhazy, les Coigny, Besenval. « De ce concours, » ajoute le ministre de Louis XVI, « se forma, sous les yeux du Roi et contre son vœu » (il se laissa cependant conduire chez madame de Polignac) \ « une société dont les membres commencèrent par désirer d'accaparer toutes les grâces et finirent par se mêler de toutes les affaires de l'État. » C'est de ce cercle rétréci que s'entoura exclusivement Marie-Antoinette au Petit-Trianon.
Tous les contemporains s'accordent à faire de madame Jules de Polignac' le portrait le plus charmant. « Je n'essaierai point de dépeindre sa figure, » dit madame Lebrun, « cette figure était céleste. » « Son visage était ravissant, » répète madame de Genlis. C'était a la plus céleste figure que l'on pût voir, » dit à son tour le duc de Lévis, « son regard, son sourire, tous ses traits étaient angéliques. » Tilly n'oublia jamais l'impression qu'elle lui fit, alors qu'il était page, un matin qu'elle lui apparut, venant
i. Dussieux. Histoire du Château de Versailles. On ne sait pas au juste à quelle époque madame de Polignac vint demeurer au palais. C'est au plus tard à la lin de 1779.