Voyez les sources citées dans la note 2 de la page
4. Joseph-Hyacinthe-François-de-Paule, né le 2 mars i740. Sa famille était aussi originaire du Languedoc. Son grand-pôre, entré dans la marine, 8*était fixé au Canada. Le comte de Vaudreuil était cousin du marquis, chef d'escadre sous Louis XYL
5. Besenval dit qu'il eut la figure ruinée par la petite vérole, mais il ne précise pas Tépoque à laquelle il fut atteint de cette maladie.
6. M"'* de Genlis. Souvenirs de Fé/icteL...; Paris, i806, t. L
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malheureusement gâtées par des emportements qu'il était impuissant à réprimer. Personne n'a jamais poussé la violence si loin, dit Besenval, « la moindre contrariété le mettait hors de lui. » Il méritait aussi le reproche de parler trop souvent de lui-même avec plaisir. C'est en se prêtant délicatement à cette faiblesse que son ami le comte d'Adhémar s'insinua dans sa confiance et le soumit à son influence sans qu'il s'en doutât*.
Nous avons vu le comte d'Adhémar jouer, sur le théâtre de Trianon, le rôle de Colin dans le Devin de village, A en croire madame Campan, il était presque vieux, et Marie-Antoinette l'avait, à cause de cela, choisi pour le rôle d'amoureux, afin de ne laisser aucune prise à la médisance. Elle l'aurait même trouvé, à la fin, si ennuyeux que, pour s'en débarrasser, en 1783, elle l'envoya représenter la France à Londres. En réalité, il n'était ni si chevrotant ni si ridicule que veut bien le dire la première femme de chambre de la reine pour les besoins de sa cause*. « De toute la société Polignac, » écrit le comte de La Marck, dans une page qui se rapporte aux dernières années du règne, « le comte d'Adhémar avait le plus d'esprit, avec non moins d'adresse que le baron de Besenval pour parvenir à ses fins. Il joignait des talents à sa jolie fîgure. » Après de brillants services militaires, il entra dans la diplomatie sous Louis XY, qui le nomma ministre à Bruxelles. Il se trouvait donc déjà, par état, éloigné de la cour, et il n'était pas nécessaire de lui donner un poste aussi éclatant que l'ambassade d'Angleterre pour l'en écarter. Le résultat n'aurait d'ailleurs guère répondu au vœu de la reine, car il suffit de jeter, dans la Gazette ou dans le Mercure de France^ uncoupd'œil sur la liste des ambassadeurs qui, lors de leur arrivée en France, venaient « faire leurs révérences à Sa Ma-
1. La Marck, I, 30 et 109. — Lebrun, f, 92; II, 236. — Tilly, I, c. vi. — Campan, Besenval, Mercy, etc.
2. Il sut inspirer un peu pi us. tard à M"'* de Polignac une amitié assez vive. « Le comte d'Adhémar, «écrit M"« de Bombelles, le M septembre 1784, « me parait toujours occupé tendrement de la favorite, p Ârch. de Seine-et-Oise, E. 433.
jesté », pour se convaincre qu'aucun n'a pris do plus fréquents congés, surtout aux époques des voyages de Trianon. Il avait épousé une dame du palais, madame de Yalbelle, plus riche que lui d'écus et d'années. Madame DuDeffand, en annonçant ce mariage à la duchesse de Choiseul, lui écrit, au mois de mars 1772 : « La mariée est folle de joie; le marié est, dit-on, fort de sangfroid. Dieu les bénisse! Mais ce n'est pas là que j'irais chercher le bonheur. » On assure que madame de Yalbelle ne l'y trouva pas non plus*.
Quant aux femmes, les parentes de madame de Polignac, auxquelles le prince de Montbarey fait allusion, étaient la comtesse Diane de Polignac, sa belle-sœur, et la comtesse Hardouin de Chàlons, sa cousine. Diane était laide, et ne savait pas même racheter par l'art ce que la nature lui avait refusé : elle se mettait mal ; mais elle avait infiniment d'esprit et plaisait autant que les plus belles. Elle était restée fille*. La comtesse Hardouin de Châlons passait, au contraire, pour une des plus élégantes et des plus jolies femmes de la cour où elle s'attirait tous les hommages*. Elle était également spirituelle et aimable. Son mari, ministre de France à Cologne, puis à Venise, puis à Lisbonne, ne la gênait point. — Nous ne trouvons pas encore à Trianon, au mois de septembre 1780, la belle comtesse de Polastron, belle-sœur de madame de Polignac, avec ses airs penchés et son attitude languissante, qu'on surnomma la Bichette^ et qui, dans la suite, sera de tous les voyages (elle ne fut présentée à la cour que le
i. Tilly, I, c. VI. — Du Deffand, II, 157; m, «00. — Mercy, ÏII, 486. — Besenval^ Campan, de La Gorce, etc.
2. Le roi lui donna un brevet de dame. — Campan, Besenval, Tilly, Oberkirch, Beauchesne, Genlis. — Galerie des dames françaises; Londres, 1790, in-8® ; Ténésis, etc.
3. Jeanne-Françoise-Aglaé d'AndIaw, épouse de Hardouin de Chàlons, seigneur d'Hédouville et de Nesle, mort à Lisbonne, le 19 juillet 1794. On dit, en 1779, que M™* de Châlons était Tobjet des attentions du roi, mais Mercy vérina que ces bruits n'avaient aucun fondement. III, 328. Voyez : Oberkirch, Tilly ; arch. de Seine-et-Oise : série Q, etc.
3 décembre), ni son mari, très humble serviteur de sa femme*. On y verra avec eux la comtesse et le comte d'Andlaw*, frère de madame de Chàlons, futur successeur d'Adhémar au poste de Bruxelles*.
Vaudreuil, Adhémar, Besenval et les autres hommes de la société Polignac n'avaient, dit le comte de La Marck, « ni un jugement profond, ni des vues élevées, ni cet esprit d'observation qui fait découvrir dans les événements présents ceux qui préparent l'avenir. . . C'étaient d'habiles gens en trigauderies de cour et rien de plus... Sacrifiant tout à leurs intérêts personnels, ils se laissaient aller au courant des choses, vivant au jour le jour et ne regardant jamais au delà. »
S'ils ne s'entendaient pas aux choses du gouvernement et de la politique, dont ils eurent le tort de se mêler, ils avaient du moins tous, à un degré élevé, l'amour des belles choses, et pour peu que la reine s'y fût prêtée, le salon de madame de Polignac eût pu exercer une influence considérable sur le mouvement artistique et littéraire de l'époque. Vaudreuil aimait à s'entourer de peintres, d'écrivains, de musiciens. Il chantait très agréablement*. Grimm le cite comme le meilleur acteur de société qu'il y eût à Paris. Il était poète à ses heures et savait aiguiser des épigrammes qu'il ne laissait voir qu'à quelques intimes. Lebrun- Pindare ayant un jour oublié chez lui son Horace, Vaudreuil le lui renvoya avec un billet en vers par madame Lebrun, qui nous a conservé sa réponse :