Paris, 1860-65, 17 v. in-8», X
2. Ce sont des registres de mandatement des dépenses. 0^2249. En 1749, terrasse : 24,956 liv. ; maçonnerie : 89,000 liv. ; serrurerie : 22,600 liv. ;
t LE JARDIN FRANÇAIS.
des dépenses d'entretien ; il en résulte que la ménagerie et ses dépendances, dont le duc de Luynes nous signale l'existence à la fin de 1749, ont élé terminées en 1753.
Louis XV avait toujours aimé Trianon. Enfant, il disait au niari-dml ilo VillL-niy : <•■ Mon uiirlr mu fuil iilli-r .-i Saiiil-Clnn,!. à Vincpnnes. D'où vi«Dt qu'il ne me ini>ne jias ^i Versailles, h Trianon? J'aime tantTrianonl' » En Hii, a[irès la mort de la marquise de Cliâleauroux. il vient s'y établir, et, comme la résidence lui parait agréable, il y rclounie dbs lors fréqucramenl. " Trianon, » dit Barbier, i. élail abandonné auparavant el n'était fail même que pour quelques fêtes el pour faire collation après la promenade pour Mesdames. Mais à présent cela fait maison de campagne', 'i Louis XV y amène madame de Pompadour. <• Le lltii, » remarque le marquis d'Argenson', « prend grand goût h Trianon; il commence fi se lasser de ses fréquents voyages, et il dit que son apparlcmonl do Trianon est le seul qu'il ait encore trouvé à sa fantaisie. Cet appartement communique de plain-pied avec celui de la marquise qu'il voit par là à lous moments comme il souhaite. » » Le Rui, >• dit encore Barbier*, " a une grande disposition h s'ennuyer partout : c'csl le grand art de mailumo de Pompadour do cherclicr à le dissiper. I) La distraction du moment était l'élève des oiseaux^ de basse-cour : k Le Roi et madame de Pompadour, u rapporte ]<• duc do Luynes', » s'amusent beaucoup des pigeons et poules de différentes espèces. Ils eu ont partout, à Trianon, à Fontai-
Ireill&ge : 7,U04 liv. — Ui22J>0. En I7S0, lerrasse : ll),t<UU liv. — 0>-ii>:il. EiilTol, lerrasse : 5,Ï(KI liv. — 0'a352. liii 1732, târrussB : 6,300 liv. ; maçonnerie : m, 300 \iv.; serrurerie : UjHOO liv. ; trtiillAge : T,iOO liv. ; glaise pour les bassins : 336 liv., IS sous, 6 deniei-S. — 0 > 2253. En ( 733, terrasse : 1 ,700 liv. : maçonnerie : 80,000 liv. : Ireillatje : 4.300 liv.
1. Malli. Marais. Journal e( Hèmoùes; Paris, 1863-68, 4 v. in-S". 1, 316.
2. Journal liiaturiquv el laiecdotiquc du rêfpte de Lmis XY : Paris, 1817-36. 4v. iii-8MV, 421.
3. Journal el Mànuirce: Paris, i8»l-«5, 7 v. in-8", Vl, (OW. i. tV, 4LM.
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LA NOUVELLE MENAOBRIR. 3
neblcau, à Compiègne, à l'Ermitage, à Bellevuc, et même le Roi en a dans ses cabinets, dans les combles. » Ce goût, joint à celui du laitage qui convenait sans doute au tempérament de madame de Pompadour*, fut la cause de la construction de la ménagerie dont parle le duc de Luynes. C'est, dit le marquis rt'Argcnson*, « une ménagerie d'utilité apparente plus que de curiosité, une grande laiterie, beaucoup de poules, quantité de belles vaches qu'on tire de Hollande, et la marquise de Pompadour, inventive pour les amusements du prince, ne sachant plus à quoi l'amuser, évoque toutes ces inutilités qui peuvent le distraire de sa mélancolie. »
Le terrain devant le Grand-Trianon était, comme aujourd'hui la plaine Saint- Antoine, une prairie coupée par des avenues et plantée çà et là de bouquets d'arbres. Au nord-est, sur le bord de l'allée du Rendez- vous, se trouvait un petit bois dit des Onze- Arpents. Au point culminant, entre ce bois -et le château bâti par Louis XIV, on avait creusé u:i grand réservoir, le bassin du Trèfle, qui alimentait le jardin. Au sud-est de ce réservoir, un petit enclos triangulaire comprenait deux glacières, une pépinière et quelques logements de gardes et de jardiniers. (Voyez : pi, III, un extrait du plan de Versailles et du petit parc, dressé, en 1746, par l'abbé Delagrive.)Acôté, des avenues limitaient un espace ayant la forme d'un trapèze. C'est cet emplacement que le roi choisit pour la nouvelle construction.
La ménagerie s'élève sur les dessins de Gabriel, près des glacières {pL IV, a). Elle comprend une laiterie, un logement pour la laitière, une vacherie et une bergerie*. Devant la laiterie, l'architecte trace, autour d'un pavillon octogone (e), flanqué de quatre cabinets, un jardin planté de bosquets et orné de bassins. En pendant à la ménagerie , au sud-est du pavillon , il
1. Dans le pavillon construit à Fontainebleau pour la mai*quise, se trouvaient également des poulaillers el une laiterie. Lerouge, Jardins anglo- chinois, cahier I, pi. 13.