‹ Le Petit-Trianon (volume 3)Chapitre 132 sur 355 · Lescure, I · texte numérisé non relu

Lescure, I

tesso Diane de Polignac, malgré sa réputation*. Le mari de la favorite avait été fait premier écu} cr de la reine en survivance, avec une pension provisionnelle de 12,000 livres et lusage de ses chevaux, équipages et livrées, ce qui augmentait la dépense de sa maison de plus de 80,000 livres.

Les Polignac appartenaient à une des plus vieilles et plus puissantes maisons du Languedoc*, mais leur situation de fortune était singulièrement déchue. Avant le succès de la comtesse Jules à la cour, le jeune ménage était obligé, par économie, de se fixer la plus grande partie de Tannée dans sa terre de Clayes en Brie, ne venant à Versailles que rarement. Marie- Antoinette se fit un bonheur de réparer l'injustice du sort envers son amie. La comtesse, de Tavis des contemporains, n'eût pas été d'elle-même avide ; mais elle fut poussée par sa belle-sœur qui avait formé le plan de profiter de l'occasion pour relever sa famille. A sa requête, on donna au beau-père, le vicomte de Polignac, « totalement dépourvu d'esprit et sans dignité dans la conduite', » la charge très lucrative d'ambassadeur « près les louables cantons helvétiques », ce qui avait, en outre, l'avantage de l'éloigner de Versailles , où on le trouvait gênant^ — et à l'oncle, le marquis de Polignac, celle de premier écuyer du comte d'Artois. Un abbé de Polignac fut pourvu de l'évêché de Meaux, en 1779. « Cette famille, » dit Mercy, à la date du 17 décembre 1779*, « sans aucun mérite envers l'État et par pure

1 . Elle étail auparavant dame pour accompagner la comtesse d'Artois.

2. On trouve dans le Cartulaire de Conques en Rouergue que j'ai publié (Paris, 1879, in-8», xcvin, 375 et 409), sur les vicomtes de Polignac en Velay, des documents qui remontent à Tannée 1105. La ligne directe s'était éteinte au Commencement du xiv® siècle. Une branche cadette, qui avait la seigneurie de Randon, lui succéda. La maison tomba en quenouille à la fin du XIV». La vicomte fut portée par une fille dans la famille de Ghalencon qui avait, au xviii* siècle, les titres de vicomte de Polignac, baron de Randon et marquis de Ghalencon.

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