‹ Le Petit-Trianon (volume 3)Chapitre 175 sur 355 · Beauchesne, I · texte numérisé non relu

Beauchesne, I

±'»f* LU HAMKâU.

500 livres roversibl(»s sur la tête de chacune de ses deux filles, el 800 sur celle de son fils*.

Au mois d'octobiH», le comte d'Adhémar envoya à la reine, pour le hameau de Trianon, un jardinier anglais, John Egglelon, « homme à talent, capable de conduire en tout genre les gazons, ayant même quelque* soup(;onde goût pour la façon des jardins. » Son protect(»ur, lord Southamplon, qui l'avait procuré à l'ambassad(»ur, ne lui connaissait quc^ le défaut d'un peu de libertinage; aussi conseillait-il de le placer sous les ordres d'un autre jardinier. A l'épreuve, il se trouva qu'il savait moins bien soigner les gazons qu'Antoine Richard. Il tomba du reste malade, peu après son arrivée, et l'on voit, par la nature des médicaments qui lui furent ordonnés, qu'il ne faillit pas du moins à sa réputation de libertinage. On le renvoya en 1784, avec une gratification de 600 livres*.

Pendant l'hiver, les travaux de terrassement étant terminés, Richard planta la partie du parc qui entoure le hameau. On y mit 48,621 pieds d'arbres pris dans la pépinière de la Rochetle près Melun'. La composition du paysage fait honneur au goût du jardinier de la reine : les arbres y sont groupés en masses simples entre lesquelles l'air se joue librement; des trouées, percées avec art dans la bordure, reliaient le jardin au petit village de Saint- Antoine-du-Buisson, à la plaine du Chesnay et à la prairie do Saint-Antoine, oii les bouquets de bois servant de remises au gibier, habilement disposés, formaient des perspectives lointaines. Richard était un des botanistes de ce temps qui connaissaient le mieux l'arboriculture. Au cours de ses herborisations et depuis, il en avait fait une étude particulière. On a de lui un remarquable travail sur les « arbres, arbrisseaux et sous-arbrisseaux existants en France et supportant nos hivers, » que Lerouge a publié dans

{. État nominatif des pensions sur le trésor royal. Il a été réédité dans les Archives parlementaires, avec le Livre rouge, t. XIII-XV.

2. 0* 1879, 1884-. Il avait été engagé moyennant 30 guinées par an el Tentretien.

LA TOUn DE MARLBOROUGH. 240

sa collection, en 1779 Ml y présente, en un tableau, tous les arbres par ra^g de taille, vus de face et de profil, suivant la figure et la nuance des feuilles, sans oublier les arbustes grimpants pour garnir les tonnelles et les murailles.

Au commencement de 1784*, on couvrait les maisons rustiques de Trianon et Ton s'apprêtait à creuser le lac. Nous consacrons plus loin à la description du bameau un cbapitre spécial.

Page 1