LA ROBK BLANCHE DE LA REINE
seulement jusqu'au bas de l'escalier. » Le peuple, qui venait à Versailles faire ses dévotions à la majesté royale*, était tout déconcerté de trouver le temple sans culte et dépourvu de ce pompeux appareil qui décèle la présence de la divinité. Un livre, publié à Londres pendant la Révolution, nous dépeint* les impressions d'un provincial qui, en entrant dans la salle des centsuisses, y vit passer « la Reine en déshabillé blanc, les cheveux en désordre, portant sur son bras une cape de taffetas noir dont le bout traînait à terre , et se pressant au bras de M. de Vaudreuil, en frac écarlate, une houssine à la main, la chevelure roulée et relevée par un peigne. » Jamais, depuis, on ne put lui ôter de Tidée que la reine ne fût pas la maîtresse de ce cavalier qui était si familier avec elle.
Déjà, en 1780, Mercy' craignait que « le défaut d'occasions de faire sa cour n'en diminuât à la longue l'habitude et le désir », et il remarquait qu'il « y en avait eu, cette année même, un indice, le jour de la fête du Roi, où il ne s'était pas trouvé à Versailles la moitié du monde que l'on y voyait les années précédentes. » « Voilà, » disait Marie-Thérèse*, « voilà l'effet des étiquettes levées. » Bientôt « le rang, les services, la considération, la haute naissance ne furent plus des titres pour être admis dans l'intimité de la famille royale... Excepté quelques favoris que le caprice ou l'intrigue désigna, tout le monde fut exclu... Seulement, le dimanche, les personnes présentées pouvaient, pendant quelques instants, voir les princes. Mais elles se dégoûtèrent, pour la plupart, de cette inutile corvée dont on ne leur savait aucun gré ; elles reconnurent à leur tour qu'il y avait de la duperie à venir de si loin pour n'être pas mieux accueillies, et s'en dispensèrent... Versailles, ce théâtre de la magnifi-