Ce travail coûta ^500 livres
2. Histoire de Marie- AnloineUe;PaiTis, \ 869, in-8®. — Affiches, annonces et avis divers ou Journal général de la France, p. 1549.
3. I/annonce ajoute que le prix ûxé est de 4,800 livres, avec cette indication : « Nota. La seule broderie de ce meuble a coûté plus de 30,000 livres et tout le meuble 50,000 livres à établir. On voit ce meuble, tous les jours, depuis 10 heures jusqu'à 2 heures, rue Neuve-de-l'Éj^alité, n* 315. S'adresser au porlier. »
PETIT TE^IAHON
BO'JDOTR D£ LA f;FINE
Pendant qu'on transformait le boudoir du château, trois Lorrains : Cognel, Thiiy et Jacquinot, qui firent ensemble un voyage à Paris, du 7 mai au 25 juin 1787, vinrent voir Versailles et Trianon. Cognel nous a laissé un récit* de cette visite. « Le dimanche, 3 juin, » dit-il, « nous sommes allés au Petit-Trianon, jouet de la reine... La reine vient fréquemment s'y débarrasser du poids de la grandeur; elle aime à y être seule des heures entières, ou à s'y livrer à des jeux qui ne sont point de son rang. — Dans la maison, qu'on ne saurait appeler palais, les murs sont tapissés d'ouvrages en paille, relevés par des broderies en laine; les planchers sont également couverts ,de paille imitant la marqueterie, toutes les fleurs sont des champs ou sauvages. Le cérémonial étant banni du Petit-Trianon, on n'y aperçoit point les distinctions du tabouret... Le pavillon est bien distribué, on y fait, en ce moment, des changements dans la chambre à coucher et dans le boudoir de la reine, quoique l'un et l'autre soient nouvellement décorés ; mais il paraît que la reine ne sait pas trop ce qui peut lui plaire. Le parterre qui est devant le pavillon est très bien dessiné ; il y a un carrousel superbe et une salle de bains de la plus grande beauté. — Au moment où nous allions sortir, on nous annonça l'arrivée de Marie- Antoinette, et, comme nous n'avions plus le temps de gagner la porte du jardin, notre conducteur nous fît entrer dans la laiterie. La reine, d'abord accompagnée d'une dame de sa cour, la congédia et s'avança seule dans la direction de la laiterie ; elle portait une simple robe de linon, un fichu et une coiffe de dentelle : sous ces habits modestes, elle paraissait peut-être encore plus majestueuse que dans le grand costume où nous l'avions vue à Versailles. Sa manière de marcher est toute particulière : on ne distingue point ses pas; elle glisse avec une incomparable grâce et relève bien plus fièrement la tète quand, ainsi que nous la voyions là, elle se croit seule. — Notre reine passa tout près du lieu où
1 . la vie parisienne sous Louis XVI; Paris, \ 882, iIl-8^ 82. — François Cognel est mort conseiller à la Cour de Nancy, en 1844, à l*àge de 82 ans.
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nous étions, et nous eùmos tous trois comme un désir do fléchir le genou au moment où ollo passait, nous sentant partagés entre l'espérance d'èlre aperçus et la crainte d'être surpris. Dès que Sa Majesté se fut éloignée, notre conducteur nous fît promptement sortir. »
En se promenant l'année précédente sur la lisière du bois des Onze-Arpents, le roi avait été frappé de la vue qu'on avait de là sur le hameau, le lac, le clocher de Saint-Antoine et la campagne jusqu'au bois de Jardy'. II trouva cependant qu'il manquait quelque chose à ce tableau. Pour le compléter, on proposa de remplacer la porte Saint -Aatoine par un arc de triomphe
construit entre le hameau et l'église'. Commencé enjuillet 1786, cet arc se termina au mois de juin 1787'. 11 est orné, à la clef, de celte dépouille de lion, devise de Louis XVI, que nous avons déjà remarquée dans la décoration du théâtre et dans la statue du temple. En même temps, on reparlait de la construction de la ruine au coin du bois des Onze-Arpents, et l'on projetait de transformer le bois lui-même, qui avait été donné à Marîe-
2. Le plan, dont nous donnons ici uj déposé aux archives de Seine-el-Oise.