Lescure. Les palais de Trianon : Catalogue
4. Madame de Polignac revenait d'Angleterre, où elle avait été prendre les eaux de Bath.
326 LE EIAMRAU.
cher cœur, vous n'avez pas vu de mon écriture que vous attendiez dans votre Pelit-Trianon. Je veux absolument faire avec vous, ma chère Elisabeth, une visite au mien. Mettons, si vous le voulez, cela au 24 juin. Est-ce arrangé? Le Roi promet d'y venir. Nous pleurerons sur la mort de ma pauvre petite ange. Adieu, mon cher cœur, vous savez combien je vous aime, et j'ai besoin de tout votre cœur pour consoler le mien*. » Cette pièce est-elle authentique? Le journal de Louis XVI ne confirme pas du moins l'indication qu'elle contient. Le roi n'a ni dîné ni soupe à Trianon do toute l'année avant le voyage d'août. Il dit seulement au sujet de la perte de la petite princesse : « Mercredy 19, mort do ma fille cadette; promenade à pied à Saint-Cyr. » M. de Beauchesne, qui a reproduit la lettre de la reine, cite ensuite un billet de madame Elisabeth à madame de Bombelles, en date du 25 juin, où elle lui apprend qu'à Trianon, sa nièce , la duchesse d'Angoulême , « a été charmante et a montré une sensibilité extraordinaire pour son âge. » Elle ne parle pas du dauphin qui avait été séparé de sa sœur, le l''^ mai, et logé avec un gouverneur et une maison spéciale au château de Meudon. En tous cas, s'il y eut voyage de la reine au Petit- Trianon à la fin de juin, il dut être très court.
Marie- Antoinette n'y vint faire sa villégiature habituelle que le l"août*. (( Il no serait pas aisé, » dit le baron de Besenval*, -o de comprendre quel fut le motif qui détermina la reine à ce voyage. Peut-être n'avait-elle point de but : la fantaisie décidait d'une grande partie de ses démarches. » Le vieux céladon lui gardait rancune, on le voit au ton peu bienveillant de cette observation. Il y avait six ans que Marie-Antoinette venait régulièrement, à pareille époque, passer un mois à son château : c'était donc une habitude.