Gampan, II
o. II, 244 et suiv.
338 LE HAMBAU.
ce qu'on appelait sa société^ composée de madame Elisabeth, de la duchesse de Polignac, de la comtesse Diane, de Polignac, de madame de Chàlons, de la duchesse de Guiche, de madame de Polastron, de MM. le duc de Polignac, le duc de Guiche, les duc et comte de Coigny, M. d'Adhémar, M. d'Esterhazy, M. de Vaudreuil, M. d'Andlau et moi. Monsieur, Madame, M. le comte et madame la comtesse d'Artois y venaient souper deux ou trois fois par semaine, et, à jours nommés, les dames du palais de semaine et les grands officiers de la reine*. Nul autre n'y était admis.
« Le roi y venait tous les matins, seul et sans capitaine des gardes, déjeuner avec la reine, retournait à Versailles faire son lever, revenait à deux heures dîner, puis s'en allait au jardin lire dans un bosquet, passait quelquefois la journée de cette manière, ou s'en retournait à Versailles pour ses affaires ou ses conseils, et revenait souper à neuf heures. Il jouait ensuite une partie et repartait à minuit pour se coucher. Comme il n'y avait presque pas de logements à Trianon, toute la compagnie allait coucher à Versailles et revenait le lendemain pour dîner et passer la journée. »
On sait que, pour combler le déficit, l'archevêque avait pro-
1 . Voici, avec la dale de leur nomination, les noms des personnes compo^ sanl le service d*honneur de la reine en 1787 : SuHntendante, princesse de Lambaile, <776; — dame d'honneur, princesse de Ghimay, 1775; — dame d'atours, marquise de Mailly, 1775; et en survivance, comtesse d'Ossun, ilSi; — dames du palais, marquise de Talleyrand, 1770; vicomtesse de Choiseul, 1770; comtesse de Grammont, 1751; comtesse d'Adhémar, 1763; duchesse de Beauvillers, 1770; duchesse de Luxembourg, 177! ; duchesse de Duras, 1767 ; duchesse de Luynes, 1775; marquise de laRoche-Aymon, 1775; princesse d'Hénin, 1788; princesse de Berghes, 1781; duchesse de FiU- James, 1781 ; comtesse de Polastron, 1782; vicomtesse de Castellane, 1785; duchesse de Saulx-Tavannes, 1786; princesse de Taren le, 1787; comtesse Eugénie de Grammont, 1788; comtesse de Maillé, 1788; comtesse de Juigné, surnuméraire, 1784; comtesse de Tavannes, honoraire, 1759; — chevalier d'honneur, comte de Tavanncs ; en survivance, son fils ; — premier écuyer, comte de Tessé, grand d'Espagne; en survivance, duc de Polignac ;— premier maitre d'hôtel, vicomte de Talaru; en survivance, marquis de Talaru.
LA POLITIQUK A TRIANON. 320
posé d'augmenter Timpôt du timbre, de lever une contribution territoriale et de diminuer la dépense de la cour. C'était en partie le plan de Turgot. En l'adoptant trop tard, la reine se souvintelle que onze ans auparavant, elle avait contribué à le faire échouer alors qu'il était peut-être encore temps de sauver la monarchie? Quoi qu'il en soit, elle résolut de l'appliquer sans hésitation, immédiatement ; et, à Trianon même, elle commença par la réforme de la cour qui atteignait principalement ses favoris'. Ils n'avaient pas été, on le pense bien, depuis 1783, oubliés dans la distribution des grâces et des honneurs : plusieurs d'entre eux étaient devenus chevaliers du Saint-Esprit*. Esterhazy avait été nommé commandant du Uainaut, Yaudreuil, gouverneur de la citadelle de Lille, Coigny* avait obtenu la survivance de la charge de premier écuyer du roi pour son fils. On trouve au Livre rouge, en 1783, inscrites en son nom : 1" une somme de 139,730 livres, 12 sous, 8 deniers, pour dépenses extraordinaires faites pour le service du roi au château de Choisy; 2° la remise de 12,907 livres sur les droits dus par lui pour l'acquisition de la baronnie de Prélot. Polignac avait été comblé : en outre de sa gratification annuelle de 30,000 livres, le roi lui avait donné, par décision du 4 avril 1784, 100,000 livres. Le 8 janvier 1786, il avait reçu, pour remplacement du droit de huitain dû au fief de Puy-Panlin dont il était seigneur, 800,000 livres, sur lesquelles 250,000 furent
1 . On établit alors la situation des dépenses faites pour le Petit-Trianon (0» 1875) :