Lescure, II
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et revient toujours dîner à Trianon. a Le jeudi 24 juillet, Mesdames tantes furent invitées à dîner. Le menu de ce repas nous a été conservé aux archives nationales*; le nombre de mets dont il est composé est juste le double de l'ordinaire.
Quatre potages le riz,
le scheiber,
les croûtons aux laitues,
les croûtons unis pour Madame.
Deux grandes entrées, . . la pièce de bœuf aux choux,
la longe de veau à la broche.
Seize entrées les pâtés à l'espagnole,
les côtelettes de mouton grillées, la tète de veau sauce pointue, les poulets à la ttolare, les attelettes de lapereaux, les ailes de poulardes à la maréchale, les abatis de dindon au consommé, les carrés de mouton piqués à la chicorée, le dindon poêlé à Ja ravigote, le ris de veau en papillotte, le cochon de lait à la broche, ^ la poule de Gaux au consommé,
le caneton de Rouen à Torange, les filets de poularde en casserole au riz, les poulets froids, •
la blanquette de poularde aux concombres.
Quatre hors-d'onare. ... les filets de lapereaux,
le carré de veau à la broche, le jarret de veau au consommé, le dindonneau froid.
Six plats de rôts le poulet,
le chapon pané, le levraut, le dindonneau, les perdreaux, les lapereaux.
Deux moyens entremets, , , les jambons de Westphalie,
le buisson de brioches.
i. K. 1719. — Ce menu a été publié une première fois parM.deLescure dans son livre sur les Palais de Trianon, p. 189.
DSRNIÂRK PROMBNADB.
Seize petits entremets.
les petits pois,
les haricots verts,
les épinards,
la crème au chocolat,
les œufs brouillés à Tessence,
les artichauts à la provençale,
la macédoine à la purée de pois,
les laitues à Tessence,
la gelée d*oranges coupées par quartiers,
les œufs pochés au jus,
les petites bouchées de crème,
le miroton de pommes,
les gaufres À Tallemande,
les choux-fleurs,
les gâteaux princesse,
les gimblettes.
La reine invita, deux fois, la famille royale à dîner au hameau, le 27 juillet et le 8 août.
C*est le 10 août que, en revenant de Rambouillet, le roi reçut en grande pompe les trois ambassadeurs de Tipôo-Saheb, roi de Mysore, dans le salon dllercule. L'un d'eux était chef de la religion; un autre, « Akbar- Ali-khan , général de la cavalerie, se faisait remarquer par sa haute stature, son air de fierté et sa barbe blanche*. » Leur suite était formée de deux jeunes gens, parents du sultan, et d'une trentaine d'ofGciers et domestiques. On les logea, le 12 août, au Grand-Trianon. La reine fit faire leurs portraits en cire, de grandeur naturelle, « et les plaça, groupés avec l'interprète et un esclave, fumant leurs pipes, dans une des chaumières du hameau au Petit-Trianon. La ressemblance était parfaite'. » D'après le
1. Madame Lebrun peignit leur portrait. Souvenirs, I, 43. — M. de Reiset, dans le Journal de madame Élofe, a donné le dessin d*une tasse sur laquelle sont figurés : Mohammed-Osman-khan, premier ambassadeur, Mohammedderviche-khan et Akbar- Ali-khan, général de la cavalerie.
2. Souvenirs d'un page, p. 235. — Trianon-sous-Bois conservait de son côté un souvenir d*une autre ambassade indienne célèbre, celle du roi de Siam à Louis XIV. Ce prince y avait fait couvrir les meubles de sept chambres, deux salons et cinq cabinets, avec des étoffes de la Chine brodées, apportées en présent par les ambassadeurs. Archives départ, de TOise, série A.
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procès-verbal de vente du mobilier de la liste civile, il y avait sept figures de cire groupées « sous un palanquin chinois, » dit le texte.
a La Reine, » dit la Correspondance secrète, à la date du 5 août*, « tient toujours sa cour à Trianon. Cette cour est composée des familles do Coigny, Polignac et Vaudreuil. » On le voit, du premier jour au dernier, elle appartient tout entière et exclusivement à sa société intime. Ce n'est pas que le désenchantement ne fût venu, on Ta constaté plus haut* par la lettre de Joseph II. Elle avait maintenant percé tous les favoris à jour. Elle savait à quoi s'en tenir sur la bonhomie et la franchise de BesenvaU L'emportement auquel il s'était laissé aller, l'année précédente, avait jeté un vilain jour sur le caractère du duc de Coigny. Le comte de Vaudreuil la fatiguait par sa violence, ses exigences et ses allures impérieuses. Madame Campan raconte que, à Trianon, en 1786, il s'était oublié, jusqu'à casser, dans un accès de colère contre des billes bloquées, la queue de billard de la reine, objet d'art d'un grand prix : elle était taillée dans une dent d'éléphant, et la crosse en était d'or, et (( travaillée, » dit madame Campan, a avec infiniment de goût*. »
Les Polignac qui n'avaient plus rien à espérer ne se gênaient plus avec la reine. Ils cessèrent, dit le comte de La Mark*, de se montrer soigneux de réunir dans leur salon les personnes qu'il lui convenait d'y rencontrer.... Les choses en vinrent à ce point qu'avant de se rendre chez eux, elle était obligée de s'informer par un valet de chambre des noms des personnes qui s'y trouvaient et souvent de s'abstenir d'après la réponse. Elle s'était peu à peu déshabituée d*y aller et avait recherché la compagnie de la comtesse d'Ossun", sœur du duc de Guiche, parfaitement